Publié le jeudi 18 juin 2026 dans la rubrique Montpellier
"Elles ne savent pas ce qu’elles ont bu" : l’enquête se poursuit après les symptômes inquiétants de deux clientes dans une discothèque de Montpellier
Deux clientes de la discothèque L’Entrepôt, à Lattes, dans l’Hérault, affirment avoir été drogues après avoir bu un cocktail de bienvenue. L’enquête, ouverte en avril, se poursuit. La police exploite les images de vidéo-surveillance et attend les résultats des examens médicaux.
Des symptômes alarmants après un cocktail de bienvenue
L’affaire remonte à la soirée du 19 avril. Ce soir-là, deux jeunes femmes originaires du Gard se présentent à l’entrée de la discothèque L’Entrepôt, à Lattes. Comme le veut la pratique de l’établissement, on leur offre un cocktail de bienvenue. Les deux amies acceptent. Mais vite, l’une d’elles ressent des symptômes inquiétants : un black-out, des vertiges, une perte de motricité de la mâchoire. Elle raconte son expérience sur les réseaux sociaux. Une publication qui va déclencher une réaction en chaîne.
La jeune femme, choquée, porte plainte à la gendarmerie de Calvisson. Son amie, celle qui a bu le même verre, présente des signes identiques. Elle aussi dépose plainte, de son côté, à la gendarmerie de Castries. Deux plaintes pour absorption de substance dangereuse.
Une plainte transmise à la police judiciaire
Me Michèle Tisseyre, avocate de la première plaignante, confirme que le dossier a été transféré à la section locale de la police judiciaire du commissariat central de Montpellier. Le procureur de garde supervise la procédure. « Il s’agit d’une plainte circonstanciée », précise l’avocate. « Ma cliente a réagi vite. Elle s’est rendue au CHU dès le lendemain pour des prélèvements sanguins et d’urine. Elle n’avait jamais connu ces symptômes. »
Ces examens doivent déterminer la nature de la substance absorbée. Les résultats sont toujours attendus par les enquêteurs. En parallèle, la police analyse les images de vidéo-surveillance de la discothèque. L’objectif : reconstituer le déroulé de la soirée et identifier le barman qui a préparé le cocktail.
D’autres témoignages après l’appel à témoins
La publication sur les réseaux sociaux a eu un effet boule de neige. D’autres femmes, ayant fréquenté L’Entrepôt, ont pris contact avec la plaignante. Elles disent avoir vécu des « phénomènes physiques anormaux » pendant ou après leur passage dans l’établissement. Leurs récits, pour l’heure, n’ont pas débouché sur de nouvelles plaintes. Mais ils renforcent le faisceau d’inquiétudes autour de ces cocktails gratuits.
L’Entrepôt conteste fermement et porte plainte en diffamation
La discothèque n’a pas tardé à réagir. Sur sa page Facebook, L’Entrepôt a contesté la version des deux jeunes femmes. L’établissement a également déposé une plainte en diffamation. Il assure avoir écarté le salarié mis en cause « par mesure de précaution et dans l’attente des résultats de l’enquête ». Une décision temporaire, mais qui montre que l’affaire pèse sur le personnel et la réputation du lieu.
L’hypothèse d’un breuvage frelaté plutôt qu’un empoisonnement délibéré
L’avocate, Me Tisseyre, reste prudente sur l’intention. Elle ne croit pas à une tentative d’empoisonnement. « Je ne prétends pas qu’on a voulu l’empoisonner. » Elle envisage plutôt un « breuvage frelaté pour des raisons diverses ». Produits périmés ? Mélange dangereux ? Les deux jeunes femmes se souviennent d’un détail troublant : au bar, on leur a servi un « liquide joli » tiré d’une bouteille déjà ouverte, non identifiable. « Elles ne savent pas ce qu’elles ont bu. En tout cas, cette boisson n’était pas de nature à les laisser indemnes de toute conséquence. »
Il a fallu 24 heures à la plaignante pour se remettre de ce qu’elle a absorbé. Elle reste choquée. Mais l’avocate se dit sereine. « Nous attendons la suite. » La réponse viendra des analyses médicales et de l’exploitation des vidéos. Dans quelques semaines, les résultats pourraient éclairer cette soirée d’avril. Et peut-être lever le voile sur ce que ces jeunes femmes ont réellement bu.


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