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Image à des fins esthétiques. ⚠️ Signaler la photo ou l'article comme inapproprié - © Crédit photo unsplash : Emiliano Bar.

Publié le jeudi 04 juin 2026 dans la rubrique Montpellier

Gérald Darmanin à la prison de Béziers : 17 personnels supplémentaires, création d’une unité de soins spécialisée, que retenir des annonces du ministre de la Justice ?

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a débarqué ce jeudi 4 juin à la prison du Gasquinoy, à Béziers (Hérault). Accompagné du maire Robert Ménard, de la

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a débarqué ce jeudi 4 juin à la prison du Gasquinoy, à Béziers (Hérault). Accompagné du maire Robert Ménard, de la préfète et du procureur, le ministre a dégainé plusieurs annonces dans un établissement qui croule sous le nombre de détenus.

Une visite sous tension et une question qui fâche

Dans les couloirs exigus du quartier des arrivants, le ministre interroge les responsables pénitentiaires : « Combien de pourcentage d’étrangers avez-vous dans cette prison ? » La réponse tombe : 27 % des 1 240 détenus pour 890 places. Gérald Darmanin ne mâche pas ses mots : « Ils n’ont rien à faire dans nos prisons. » Pendant son déplacement, des prisonniers tambourinent sur leurs portes, d’autres hurlent. La chaleur est lourde. Le ministre observe l’intérieur des cellules, notamment celle de protection d’urgence.

17 agents supplémentaires et un constat alarmant

Le garde des Sceaux pose un diagnostic tranchant : « Cette région est touchée par la surpopulation carcérale, parce qu’il y a plus de détenus qu’il y a de places et une sous-présence des agents. » Pour y remédier, il annonce l’arrivée de 17 agents supplémentaires à Béziers dès septembre. Au niveau national, le ministère prévoit 900 recrutements nets, une fois déduits les départs à la retraite. Un chiffre qui peine à masquer l’urgence quotidienne.

32 millions d’euros pour une unité de soins psychiatriques

La santé mentale des détenus est l’autre chantier mis en avant. Schizophrénie, bipolarité, addictions… Face à ces pathologies lourdes, Gérald Darmanin confirme un budget de 32 millions d’euros. Destinée à la création d’une unité de soins spécialement aménagée (UHSA), elle sera construite à proximité du centre pénitentiaire du Gasquinoy. Un investissement conséquent, alors que la détention aggrave les fragilités psychiques.

Dans la foulée, un surveillant se confie au ministre : « Dimanche, j’ai reçu un verre dans la tête… » La phrase, lâchée sans fioritures, rappelle la violence ordinaire du métier.

Robert Ménard savoure, entre contentement et procès à venir

À l’issue de la déambulation, Robert Ménard se félicite face aux personnels administratifs : « Je suis content que vous soyez là. » Le maire de Béziers remet sur le tapis le projet de centre de rétention administrative. Sa position est claire : « On ne peut pas dire qu’il faut expulser et traîner les pieds sur ce genre de projet. Quand vous m’avez demandé : j’ai dit oui. »

Les deux hommes prolongent ensuite la discussion dans le bureau du maire, hors caméra. Au menu probable de cet entretien privé : le procès de Robert Ménard, programmé le 30 septembre devant le tribunal de Montpellier. Il est poursuivi pour avoir refusé, en juillet 2023, de marier une Biterroise avec un jeune Algérien sous obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Mariage des sans-papiers : Darmanin esquisse sa position

Sommé de s’exprimer sur cette affaire, Gérald Darmanin botte en touche. Il dit vouloir rester sur un plan « général ». Ancien maire lui-même, il rappelle que l’élu est aussi « représentant du ministère de la Justice et du procureur ». Selon lui, il faut « améliorer la façon dont on fonctionne entre les officiers d’état civil et le parquet pour savoir s’il y a une sincérité dans le consentement ». Il estime que le maire est dans son droit de vérifier la sincérité des futurs époux. « Pour quelqu’un qui est irrégulier sur le territoire national, le mariage contribue à prouver son intégration possible sur le sol de la République. Cela pose donc la question des mariages gris et blancs », développe-t-il.

Le ministre annonce qu’il donnera un avis favorable, le 25 juin à l’Assemblée, à une proposition de loi portée par un sénateur centriste et reprise par le groupe d’Éric Ciotti. Objectif : « conforter l’action des procureurs et des maires ». Il précise qu’il ne s’agit pas « d’interdire les mariages de toute personne étrangère », mais « d’accepter les règles de la République, et la moindre des choses c’est d’être en régularité ». Et d’ajouter : « Il faut soutenir les maires de France. Il est important de faire évoluer la loi pour sécuriser les maires. »


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