Publié le mercredi 07 octobre 2026 dans la rubrique Montpellier
Gestion des déchets de la métropole Montpelliéraine : prise de risque ou meilleure des solutions, deux visions irréconciliables autour du CSR
Du 12 octobre au 12 janvier, les habitants de Montpellier, dans l'Hérault, auront l'occasion de se prononcer sur le projet de transformation de l'usine de traitement des déchets Ametyst. Ce projet inclut l'implantation d'une filière de valorisation des Combustibles solides de récupération (CSR), qui suscite déjà un vif débat au sein du conseil municipal.
Un projet controversé
Le 6 octobre, à la demande de la préfète de l’Hérault, le conseil municipal a rendu un avis sur le projet CSR. La majorité a voté en faveur de cette initiative, mais cela n’a pas apaisé les tensions. Le débat, polarisé, met en lumière les divergences d'opinion entre les élus.
Les enjeux de la gestion des déchets
Depuis la fermeture de la décharge de Castries en 2019, la Métropole de Montpellier fait face à des défis majeurs en matière de gestion des déchets. Actuellement, les déchets sont exportés vers des sites extérieurs, ce qui entraîne une hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom). Michaël Delafosse, le maire, défend le CSR comme une solution essentielle, citant un manque de solutions souveraines pour gérer les déchets localement. Il promet même une baisse de la Teom de 10 % si le projet est mis en œuvre.
Une solution énergétique
Le projet de chaudière CSR a pour but de générer de l'énergie en incinérant des déchets non recyclables. Chaque année, près de 4 900 camions transportent ces déchets vers des incinérateurs à Sète ou vers des sites d'enfouissement en dehors de la métropole. Bien que l'idée semble prometteuse sur le papier, elle ne fait pas l'unanimité.
Des inquiétudes croissantes
L'opposition, rassemblant des élus de différents bords politiques, exprime de vives inquiétudes. Certains, comme Julia Mignacca, interrogent la précipitation du projet, en citant des exemples de villes comme Istres qui ont abandonné des initiatives similaires. Ils plaident pour une vision à long terme, visant une société qui ne produira plus de déchets non recyclables.
Une opposition déterminée
Salim Jawhari souligne l'incohérence du projet par rapport à la politique "Zéro Déchets" promise par le maire. Il insiste sur le fait que la construction d'une usine de CSR pourrait créer une dépendance à long terme vis-à-vis des déchets. L'élu du groupe Montpellier Notre Fierté rappelle également que les connaissances scientifiques concernant les effets à long terme des rejets sur la santé humaine ne permettent pas d'affirmer qu'il n'y a aucun risque.
Consultation publique et prochaines étapes
En parallèle, une consultation publique se déroulera du 12 octobre au 12 janvier, permettant aux citoyens de s'exprimer sur le projet. Trois commissaires enquêteurs seront en charge de cette consultation, avec des réunions publiques prévues les 20 octobre et 6 janvier, ainsi que des permanences à l’hôtel de Ville. Les avis recueillis lors de cette consultation seront cruciaux dans le cadre de la demande d’autorisation environnementale et du permis de construire du CSR.
Le débat autour de la gestion des déchets à Montpellier est loin d'être clos. Les enjeux soulevés par le projet CSR continuent d'alimenter les discussions parmi les élus et les citoyens, et le résultat de la consultation pourrait avoir des répercussions importantes sur la politique environnementale de la métropole.


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