Publié le lundi 08 juin 2026 dans la rubrique Montpellier
Sète : Élus en guerre contre les forages à Issanka
À Sète (Hérault), deux élus montent au créneau. Même s’ils n’ont pas forcément coordonné leurs actions, leurs coups de semonce contre l’arrêté préfectoral autorisant les forages exploratoires à Issanka tombent la même semaine. Sylvain Carrière, député LFI de la 8e circonscription, et Silvain Pastor, conseiller municipal écologiste, haussent le ton.
Un député qui monte au créneau
Sylvain Carrière a choisi la voie hiérarchique. Le député insoumis a déposé un recours directement auprès de Stéphanie Rist, la ministre de la Santé. Son argument est simple : les incertitudes sur les impacts de ces investigations sont trop grandes pour prendre des risques. Il demande le retrait pur et simple de l’arrêté préfectoral et la suspension immédiate des forages. Le projet de Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan, qui justifie ces travaux, doit selon lui s’incliner devant la protection de la ressource en eau. « Prime sur toute autre considération », écrit le député.
Un élu local qui pousse au contentieux
Silvain Pastor ne dit pas autre chose. Mais sa méthode diffère. L’élu écologiste n’est pas rassuré par la réunion du groupe de travail tenue le 26 mai au siège de Sète Agglo. Il parle d’une « situation trouble », d’un manque de transparence. Dans un courrier qu’il compte lire au maire Hervé Marquès lors du conseil municipal du 22 juin, il annonce soutenir l’association Alerte LGV Thau (ALT). Cette dernière a déposé un recours contentieux devant le tribunal administratif de Montpellier. Pastor veut une annulation rapide de l’arrêté et un référé-suspension pour bloquer les forages sans délai.
Un désaccord de méthode avec l’opposition locale
Ce soutien au contentieux est aussi une pique. Silvain Pastor s’adresse au groupe d’opposition Nouvelles Pages, dont il s’est éloigné. Ce groupe a choisi, lui, un recours administratif gracieux. Une démarche que l’écologiste juge inefficace. « Cela n’aboutira à rien », tranche-t-il. Le message est clair : pour lui, seule une action juridique en justice peut faire bouger les lignes. Les destinataires de cette critique apprécieront.

