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Publié le mercredi 24 juin 2026 dans la rubrique Nantes

Canicule à Nantes : boulangers et couvreurs en première ligne face à une chaleur extrême

À Nantes, boulangers et couvreurs subissent des températures record. Certains avancent leur réveil, d'autres ferment à 14h. La CGT réclame l'arrêt des chantiers.

À Nantes, en Loire-Atlantique, le mercure s'affole. Ce mardi matin, à 10 heures, on relevait déjà 40 degrés. Si une partie de la population peut se réfugier dans des bureaux climatisés, des travailleurs, eux, n'ont pas cette chance. Boulangers, couvreurs, ouvriers du bâtiment restent en première ligne face à une chaleur qui rend leur quotidien pénible.

Boulangers nantais : la fournaise dès l'aube

Dans le fournil de cette boulangerie nantaise, l'air est irrespirable dès 8h30. Le four atteint 270°C, et la température ambiante dépasse déjà les 38°C. Mosko, le boulanger, a dû avancer son réveil. D'habitude, il commence à 4 heures du matin. Aujourd'hui, il est à l'œuvre dès 3 heures pour terminer vers 10 heures. « Il fait tellement chaud », lâche-t-il, épuisé.

Quatorze salariés travaillent ici, entre le fournil et la boutique. Des ventilateurs tournent, des bouteilles d'eau sont à disposition. Des mesures de bon sens qui ne suffisent pas toujours à rendre les conditions supportables.

Fermeture anticipée et perte de chiffre d'affaires

Maxence Marie, le gérant, a pris une décision radicale pour protéger son équipe. Le magasin ferme désormais à 14 heures. « On reste là pour les clients du matin et du midi, mais au pic de chaleur, on arrête. Toute l'équipe rentre chez elle pour se reposer », explique-t-il. Une perte de chiffre d'affaires certaine, mais le patron assume. « Quand on pèse le pour et le contre, on sait que tout le monde reste chez soi l'après-midi. »

Une adaptation nécessaire. Forcer les employés à rester dans ces conditions, c'est risquer l'accident ou le malaise. Le calcul économique passe après la santé des salariés.

Sur les toits, même combat contre la chaleur

Charlie est couvreur. Lui aussi doit s'adapter. Les travaux les plus exigeants, il les programme le matin, quand l'air est encore respirable. « À la fraîche, c'est mieux », résume-t-il simplement.

Son responsable, Jérémy Tanneau, exerce ce métier depuis dix ans. Il mesure l'ampleur du changement. « J'ai rarement vu des températures comme ça. C'est plus fréquent qu'avant, c'est sûr. On ne sait pas, ça sera peut-être tout le temps comme ça. » Un constat lucide : le métier se transforme, et les habitudes aussi.

Le syndicat CGT réclame l'arrêt des chantiers

Dans le secteur de la voirie publique, la CGT monte au créneau. Le syndicat exige l'arrêt total du travail pendant les épisodes de canicule. Pour Éric Bego, secrétaire CGT à Eurovia et secrétaire de l'union syndicale de la construction du bois et de l'ameublement de Loire-Atlantique, le raisonnement est simple : « C'est difficile de dormir la nuit. Nous faire commencer à 6 heures, c'est nous faire lever à 3h30 ou 4 heures du matin. Cela engendre de la fatigue supplémentaire, donc un potentiel accident supplémentaire. »

L'union locale CGT de Nantes interpelle directement le Préfet. Elle demande un arrêté préfectoral d'urgence pour interdire les activités non prioritaires exposant les travailleurs à la chaleur, ou a minima limiter les chantiers et travaux extérieurs sur une plage horaire définie. Une mesure déjà prise par le passé, dans une version minimale. Le syndicat rappelle aussi que tout salarié confronté à un danger grave et imminent peut faire valoir son droit de retrait.


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