Publié le mardi 21 juillet 2026 dans la rubrique Nantes
Adoption du projet de loi d'urgence agricole : répartition des votes en Pays de la Loire
Nantes – Dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi d’urgence agricole par 296 voix contre 224. Le texte, controversé, réintroduit à titre dérogatoire deux pesticides interdits – l’acétamipride et le flupyradifurone –, facilite la construction de mégabassines et de fermes usines, et assouplit les conditions de tirs de loups. Les députés des Pays de la Loire se sont divisés. Tour d’horizon.
Loire-Atlantique : une majorité de refus, un coup de colère
Dans ce département, les élus de gauche ont voté contre. Karim Benbrahim et Fabrice Roussel, socialistes, n’ont pas soutenu le projet. Même refus pour les trois insoumis Andy Kerbrat, Ségolène Amiot et Matthias Tavel. Chez les écologistes, Julie Laernoes et Jean-Claude Raux ont également dit non. Ce dernier a posté sur X : « Nous avons fait passer un projet de loi largement controversé, en force, et main dans la main avec l’extrême droite alors que des millions de citoyen·nes y étaient opposé·es. Et maintenant taisez-vous. »
Sandrine Josso, des Démocrates, et Sophie Errante, non inscrite, ont rejoint le camp du refus. Jean-Michel Brard, député Horizons de la 9ᵉ circonscription, s’est emporté après le vote. Il a dénoncé la méthode du Sénat, visant nommément le sénateur Duplomb. « C’est lamentable de ne pas avoir pu en débattre. Je suis en colère contre cette méthode de sauvage », a-t-il lâché. Pour lui, la réintroduction des deux pesticides, même à titre dérogatoire, constitue « une ligne rouge ». Il valide le reste du texte, mais il estime que « le courage doit exister chez les élus ».
Vendée : quasi-unanimité pour le oui
Seule exception, Stéphane Buchou (Ensemble pour la République) s’est abstenu. Tous les autres députés vendéens ont voté en faveur du projet. Philippe Latombe (Démocrates), Dominique Paillat et Pierre Henriet (Horizons) ont dit oui. Véronique Besse, non inscrite, a justifié son vote dans une vidéo : « J’ai voté ce texte parce que, même s’il n’est pas parfait, il permet des avancées non négligeables pour le quotidien de nos agriculteurs. Il faudra revoir les simplifications et les normes, mais je voulais accompagner ceux qui sont dans une grande détresse. »
Mayenne et Sarthe : des votes contrastés
En Mayenne, seul le socialiste Guillaume Garot a voté contre. Géraldine Bannier (Démocrates) et Yannick Favennec-Bécot (groupe LIOT) ont approuvé le texte. En Sarthe, les élus de centre-droit ont tous voté pour. Julie Delpech (Ensemble pour la République) et les Démocrates Jean-Carles Grelier et Éric Martineau ont dit oui. Ce dernier, également producteur dans le sud du département, a pris la parole lors de l’examen de la motion de censure déposée par LFI. « Ce débat, nous le devons aux plus de 400 000 agriculteurs, au plus d’un million d’employés du régime agricole, à tous les élus des territoires ruraux, et à la vérité à tous les Français », a-t-il affirmé. Il a appelé à soutenir la transition écologique, un juste partage de la valeur, le renouvellement des générations et la souveraineté alimentaire, en évitant « les idéologies, les contre-vérités et les faux-semblants ».
Maine-et-Loire : majorité de oui, une abstention
La socialiste Marietta Karamanli et l’insoumise Élise Leboucher ont voté contre. Stella Dupont, non inscrite, est la seule élue du département à s’être abstenue. Tous les autres ont voté pour : François Gernigon et Laetitia Saint-Paul (Horizons), Anne-Laure Blin (Les Républicains), Denis Masséglia et Nicole Dubré-Chirat (Ensemble pour la République), et Patricia Maussion (Démocrates).
Au total, le projet de loi d’urgence agricole passe. Mais les fractures entre ses partisans et ses opposants restent nettes, jusque dans les rangs des députés des Pays de la Loire.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.