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Publié le mardi 07 juillet 2026 dans la rubrique Nantes

Excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie X à Nantes

La Fraternité Saint-Pie X fait face à une excommunication, impactant les mariages d'été et suscitant l'inquiétude parmi ses fidèles à Nantes.

À Nantes, en Loire-Atlantique, la nouvelle est tombée comme un couperet. Vendredi 3 juillet, le Vatican a confirmé l'excommunication de six évêques de la Fraternité Saint-Pie X. Un séisme pour les 1700 fidèles du département, alors que la saison des mariages bat son plein.

Une excommunication qui frappe en plein été

Les sacrements administrés par ces évêques ne seront plus reconnus par l'Église catholique. La décision est brutale. Elle intervient au cœur de la période des unions. L'Abbé Jean de Loÿe, représentant de la Fraternité à Nantes, ne cache pas son amertume. "C'est quelque chose qui nous fait souffrir, confie-t-il. Mais nous considérons que c'est injuste et donc invalide."

Les mariages prévus auront bien lieu, promet-il. Dans ce cas particulier, une célébration devant les seuls témoins reste valide.

Les racines d'une vieille discorde

Le conflit entre la Fraternité et Rome ne date pas d'hier. Il remonte aux années soixante. À l'époque, Monseigneur Marcel Lefebvre accuse le concile Vatican II de trahir les enseignements de l'Église. Il fonde alors la Fraternité Saint-Pie X.

Depuis, ses adeptes militent pour le maintien de la messe en latin. Ils réclament la communion à genoux et le prêtre tournant le dos à l'assemblée. "La tradition catholique, c'est la transmission de la foi depuis le Christ jusqu'à aujourd'hui, explique l'Abbé Jean de Loÿe. De même que la loi de la gravité ne change pas, la foi ne change pas."

Les fidèles rejettent aussi tout modernisme. La place de la femme, la légalisation de l'avortement ou l'union de personnes de même sexe sont autant de sujets de rupture. "Le message de l'Église depuis Vatican II, c'est comme une radio qui grésille, désapprouve l'abbé. On entend un mot sur deux et on fait beaucoup de contresens."

Une image saisissante. Un constat sans appel. "Nous sommes un peu des exilés", conclut-il.

La consécration qui a tout fait basculer

La scission a connu une nouvelle escalade mercredi 1er juillet. La Fraternité a consacré quatre évêques sans l'accord du Pape. Le Vatican a qualifié cet acte de "schismatique". Une insubordination similaire à celle de 1988, date de la première rupture.

Il avait fallu attendre Benoît XVI en 2009 pour lever les sanctions et rouvrir le dialogue. Cette fois, l'espoir d'une réconciliation semble s'éloigner.

Pour l'Abbé Jean de Loÿe, cette consécration était pourtant nécessaire. "Nos évêques vieillissent, ils approchent des 70 ans et ils ne sont que deux, justifie-t-il. L'un d'eux me disait que sur un week-end, il a eu quatre cérémonies. C'est un rythme qu'il ne va pas pouvoir tenir longtemps."

Une présence mondiale

La Fraternité Saint-Pie X ne se limite pas à la Loire-Atlantique. Elle est implantée dans 77 pays. Elle compte 751 prêtres répartis dans 800 lieux de culte. Cent quarante écoles sont également sous sa responsabilité.

Pour les 1700 fidèles du département, l'avenir reste incertain. Les sacrements continueront d'être administrés, mais leur reconnaissance par Rome n'est plus garantie. Une situation de flottement qui dure depuis des décennies et que cette excommunication vient de rappeler avec force.


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