Publié le mercredi 01 juillet 2026 dans la rubrique Nantes
Ambulanciers en grève à Nantes : 'C'est le patient qui est en danger'
Des ambulanciers originaires de plusieurs départements, dont la Loire-Atlantique, la Mayenne, la Sarthe, l'Ille-et-Vilaine, le Morbihan et les Côtes-d'Armor, ont manifesté ce mercredi 1er juillet à Nantes. Ils expriment leur mécontentement face à une tarification de leurs services qui est restée figée depuis des années, rendant difficile la gestion de l'augmentation des prix des carburants et des charges.
Une mobilisation nationale
Cette action s'inscrit dans une série de manifestations, après une mobilisation nationale à Paris le 26 juin. Les ambulanciers de Loire-Atlantique et des départements voisins continuent de faire entendre leur voix à Nantes. Les quatre fédérations nationales du transport sanitaire privé, à savoir la CNSA, la FNAA, la FNAP et la FNMS, qualifient la situation de "maillon essentiel de la chaîne de soins à l'agonie". Elles mettent en avant la fermeture progressive des entreprises et le départ de nombreux salariés du secteur.
Des coûts en constante augmentation
Les entreprises de transport sanitaire privé évoquent plusieurs problèmes majeurs : une hausse importante des coûts du carburant non compensée, des charges salariales et sociales en constante augmentation, ainsi qu'une absence de réévaluation des tarifs pour le transport urgent pré-hospitalier. Ces difficultés entraînent une dégradation rapide de leur situation financière, peu importe leur taille.
Des conséquences sur les soins
Les fédérations alertent sur le fait que les services d’urgence, les transferts de patients et la prise en charge des personnes en difficulté sont menacés. Les ambulanciers déplorent que leurs tarifs n’aient pas été révisés malgré la hausse significative des coûts des carburants et des charges, ce qui fragilise leur modèle économique.
Une réponse insuffisante
À Nantes, les ambulanciers se sont réunis sur le parking du Leclerc Paridis avant de réaliser une opération escargot sur le périphérique, en direction de l’hôpital Nord et du CHU. Vincent Juteau, représentant interfédéral des transports sanitaires des Pays de la Loire, souligne qu'ils ont alerté le ministère de la Santé et l'assurance maladie sur leurs difficultés financières depuis plusieurs mois. "Aujourd'hui, c'est le patient qui est en danger", déclare-t-il.
Des témoignages poignants
Jacinthe Prietz, ambulancière à Guérande, témoigne de la réalité du terrain. Elle évoque 420 missions par jour sur des distances variant entre 3 et 90 kilomètres. "Sur un de nos sites, les dépenses de carburant atteignent 9 000 euros. Une aide de 70 euros par ambulance, c'est presque une insulte", déclare-t-elle. Cette indignation est partagée par toute la profession, qui appelle à des mesures économiques exceptionnelles avant l’été.
Une action continue
Les ambulanciers ont décidé de ne pas assurer certaines missions, tout en continuant à transporter les patients nécessitant des soins urgents. Vincent Juteau insiste sur l'importance de cette mobilisation, affirmant que sans une réaction forte du gouvernement, le mouvement pourrait s'intensifier. Les ambulanciers prévoient de poursuivre leur rassemblement devant la CPAM et la préfecture de Nantes dans l'après-midi, espérant obtenir un soutien rapide de la part des autorités.


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