Publication le 2 juin 2026 · Mis à jour le dimanche 14 juin 2026 dans la rubrique Nantes
Parents d'élèves handicapés en Loire-Atlantique dénoncent la perte d'accompagnants scolaires
En Loire-Atlantique, des parents d'élèves handicapés montent au créneau. Leurs enfants perdent leurs accompagnants ou se voient refuser des heures pourtant notifiées. Deux histoires, à Vertou et Sautron, racontent la même colère.
Une maman dénonce le retrait sans préavis de l'AESH de sa fille
Caroline Boudet ne décolère pas. Sa fille Louise, 11 ans, porteuse de trisomie 21, est scolarisée en CM1 dans une école publique de Vertou, près de Nantes. L'établissement dispose d'un dispositif ULIS, une unité localisée pour l'inclusion scolaire.
La Maison départementale des personnes handicapées a préconisé un accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire sur la totalité du temps scolaire et sur le temps du midi. « Louise n'est pas assez autonome pour passer le temps de cantine et le temps méridien dans la cour. Elle a besoin d'un adulte qui au moins la surveille dans ses interactions », explique sa mère.
En avril dernier, sans que ni la famille, ni la direction de l'école, ni la mairie n'aient été informés, l'Éducation nationale a retiré son AESH sur les temps du midi. Caroline Boudet a essayé d'obtenir des explications auprès du rectorat. « On vous renvoie toujours à une autre personne », dit-elle. À la rentrée prochaine, sa fille entrera en CM2. L'inquiétude grandit.
À Sautron, sept familles refusent de « prendre sur les heures des autres »
Même combat à Sautron, au nord de Nantes. Sept familles de l'école de la Forêt se sont unies pour réclamer des moyens pour leurs enfants handicapés. Elles ont été reçues par la mairie le 8 juin dernier.
Marine Breton est la mère d'Isidore, 10 ans, diagnostiqué dyslexique depuis deux ans. Le 20 mars, une notification de la CDPAH, la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, lui ouvre droit à une AESH. Elle contacte le Pôle inclusif d'accompagnement localisé, le service de l'Éducation nationale chargé d'affecter les accompagnants. La réponse est nette : pas une heure supplémentaire pour l'école de la Forêt.
« On nous a alors proposé une solution : prendre sur les heures déjà insuffisantes des six autres enfants pour en donner un minimum au septième. Appauvrir des enfants déjà sous-accompagnés pour en accompagner un nouveau à moitié. Nous avons refusé, unanimement, fermement, sans la moindre hésitation », raconte Marine Breton.
Le fils de François Quentel, 9 ans, est accompagné par une AESH depuis 4 ans. L'an dernier, sa situation a commencé à se dégrader. Le récit des parents est le même : un système qui compte sur l'épuisement des familles pour que rien ne change.
Ces deux affaires ne sont pas des exceptions dans le département. Partout, des parents se battent pour obtenir des accompagnants. Leurs enfants se sentent à la marge, exclus. Et la rentrée approche.

