Publié le mardi 14 juillet 2026 dans la rubrique Nantes
Trois canicules consécutives anéantissent les récoltes de légumes près de Nantes
À La Chapelle-sur-Erdre, au nord de Nantes (Loire-Atlantique), les maraîchers tirent la sonnette d'alarme. Les trois canicules consécutives du printemps et de l'été 2026 ont ruiné les récoltes. Tomates, concombres, carottes, pommes de terre : de nombreux légumes seront rares et chers dans les mois à venir.
Les tomates brûlées avant la récolte
Thomas Ravard, maraîcher local, constate les dégâts. "Les fleurs ont été cramées par le soleil", explique-t-il. Les tomates prévues pour la fin août ne verront jamais le jour. "À plus de 35 degrés, les fleurs de tomate brûlent et avortent", précise-t-il. Un phénomène qui touche aussi les concombres, les haricots verts, les poivrons et les aubergines. La production est anéantie.
Pommes de terre, carottes, oignons : des rendements en chute libre
Les pommes de terre n'ont pas été épargnées. Déjà fragilisées par des ravageurs, elles ont souffert des températures extrêmes. "Par pied, je devrais ramasser 2 kilos, mais là, si j'arrive à en ramasser 500 grammes, ce sera déjà bien", déplore Thomas Ravard. La peau des tubercules est si fine qu'il faudra les écouler rapidement, sans possibilité de conservation hivernale.
Les carottes, elles, n'ont pas grossi. Résultat : elles sont devenues "invendables". Pour les oignons et les échalotes, la perte de rendement atteint 50 %. Le maraîcher est confronté à une situation désastreuse sur l'ensemble de ses cultures.
Des légumes plus rares, des prix qui flambent
La rareté des légumes aura un impact direct sur le porte-monnaie des consommateurs. Depuis dix ans, le prix des légumes a bondi de 73 %. Chaque épisode climatique néfaste provoque un pic. Après la canicule de 2022, les fruits conventionnels avaient augmenté de 14 % (8 % en bio), et les légumes conventionnels de 17 % (15 % en bio). Les carottes, oignons et pommes de terre avaient vu leurs prix grimper de 50 % en moyenne. L'histoire se répète, avec des conséquences financières lourdes pour les ménages.
Un manque à gagner de plusieurs milliers d'euros
Thomas Ravard accuse le coup. Rien que pour ses carottes, le manque à gagner est estimé entre 10 et 15 000 euros. S'ajoutent 800 euros de semences perdues et 50 heures de désherbage devenues inutiles. "La fatigue commence à se faire ressentir", confie-t-il. Interrogé sur son avenir, il n'est pas certain de continuer à cultiver fruits et légumes. L'épuisement est palpable.
Le maraîchage attire encore, malgré les difficultés
Pourtant, le secteur résiste. Autour et au sud de Nantes, on compte 170 exploitations maraîchères. Elles génèrent 2 500 emplois. De nouveaux exploitants continuent de s'installer, attirés par le métier. Mais les conditions climatiques à répétition mettent à rude épreuve ces entreprises portées par des hommes, pas par des machines, comme le rappelle Thomas Ravard. L'Inter Amap44 invite d'ailleurs les consommateurs à visiter les fermes lors des épisodes difficiles, pour prendre conscience des réalités du terrain.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.