Publié le mercredi 15 juillet 2026 dans la rubrique Nantes
La maison d'édition nantaise La Mer salée se réinvente en coopérative avec 500 coopérateurs
À Nantes, dans le département de la Loire-Atlantique, la maison d'édition La Mer salée a fait le choix de se réinventer. Face aux défis économiques du secteur, Yannick et Sandrine Roudaut, co-dirigeants, ont décidé de transformer leur structure en coopérative. Ce modèle unique en France permet à des passionnés de littérature de devenir copropriétaires de la maison d'édition.
Un appel à souscription réussi
Le 4 juin, La Mer salée a lancé un appel à souscription, et en seulement six semaines, 500 coopérateurs ont rejoint l'aventure. Ce soutien massif a permis de récolter 140.000 euros, avec un objectif de 150.000 euros pour assurer la pérennité de quatre postes salariés et permettre l'édition de 8 à 10 titres par an. Les coopérateurs sont invités à participer aux décisions stratégiques, en faisant remonter des manuscrits ou en choisissant des couvertures.
Un engagement pour la pluralité des voix
Parmi les nouvelles coopératrices, Louise Pahun évoque son engagement pour une diversité de points de vue dans le monde littéraire. Elle souligne l'importance de s'opposer aux récits simplistes et xénophobes qui émergent dans le paysage actuel. Pour elle, devenir coopératrice est un acte militant, un moyen de défendre une édition jugée essentielle à la société.
Une portée au-delà de Nantes
Les coopérateurs ne sont pas tous basés à Nantes ; trois quarts d'entre eux viennent de l'extérieur du département. Pour Yannick Roudaut, cela montre l'importance de l'appropriation de la culture par les lecteurs. La maison d'édition, grâce à sa structure coopérative, se positionne comme un acteur littéraire significatif en France, avec un potentiel d'expansion à 2.000 ou 3.000 coopérateurs dans les années à venir.
Un modèle de gouvernance novateur
Yannick et Sandrine Roudaut sont conscients qu'ils devront partager le pouvoir décisionnel avec les coopérateurs. Cela ne signifie pas que ces derniers seront impliqués dans la relecture des manuscrits, mais ils participeront à des décisions stratégiques. Des questions se poseront concernant l'orientation de la maison d'édition : vers quelle littérature se diriger ? Un développement vers des ouvrages pour la jeunesse ou des formats de poche ?
Des valeurs ancrées dans la ligne éditoriale
La Mer salée maintiendra sa ligne éditoriale, axée sur une fabrication locale et écologique, même si cela implique des coûts plus élevés. Les Roudaut se consacrent également à la publication de romans utopiques, des récits qui peuvent envisager un avenir meilleur. Yannick Roudaut rappelle que « l'utopie, c'est ce qui n'existe pas encore », mais qui pourrait devenir réalité grâce à l'écriture. Il aspire à offrir aux lecteurs de l'espérance et des perspectives nouvelles face aux crises actuelles.
Imaginer un futur meilleur
Les projets littéraires de La Mer salée incluront des romans et des essais qui envisagent une société post-consommation. Roudaut évoque des fictions positives qui pourraient transformer notre vision du monde et inspirer un avenir plus respectueux de la nature. Pour lui, cette initiative a une dimension citoyenne et politique, et il espère que d'autres suivront cet exemple, contribuant ainsi à un mouvement culturel plus large.


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