Publié le lundi 10 août 2026 dans la rubrique Nantes
Expulsion imminente de bidonvilles à Nantes : les associations en alerte
Les associations de défense des droits des familles migrantes roumaines s'alarment de l'expulsion imminente de deux bidonvilles situés à Doulon-Gohards, à l'est de Nantes, en Loire-Atlantique. Cette intervention des autorités pourrait avoir lieu dès ce lundi 10 août, alors qu'aucune solution de relogement n’a été proposée par la municipalité.
Des rumeurs d'expulsion
Philippe Barbo, président de l'association Roata, se tient prêt, les yeux rivés sur son téléphone. "Je peux recevoir un appel à tout moment", déclare-t-il, inquiet pour les familles qui vivent dans ces camps. Depuis plusieurs jours, une rumeur circule parmi les habitants concernant une possible expulsion entre le 10 et le 20 août. Les deux bidonvilles concernés sont celui des Marais 1 et un autre plus petit à proximité.
Des agents de la police nationale, souvent présents dans le secteur, auraient informé les familles qu'elles devront partir. Cette annonce a suscité une vive indignation parmi les associations, qui craignent un manque de solutions de relogement. La Roata et l'association Sauvons les Gohards ont interpellé les élus locaux par courrier, sans obtenir de réponse jusqu'à présent. La préfecture, qui a le dernier mot sur la décision, n'a pas non plus confirmé l'éventuelle expulsion.
Une situation alarmante
Philippe Barbo exprime son indignation : "On espère que les rumeurs soient bidon. Mais si une mairie de gauche se comporte comme ça, c'est scandaleux." Les défenseurs des droits relèvent qu'il n'y a pas d'urgence ou d'obligation pour les autorités, car ces terrains ne sont pas concernés par un projet de construction à court terme.
En effet, plusieurs familles parmi la dizaine concernée ont déjà commencé à préparer leurs affaires, redoutant une évacuation rapide. "Ils vivent dans un stress qu'on ne peut même pas mesurer", souligne Barbo. Certains lui confient qu'ils peinent à trouver le sommeil.
Les impacts sur le quotidien
Les associations s'inquiètent également du timing de cette expulsion potentielle. Avec la récolte des pommes déjà en cours en raison des fortes chaleurs estivales, de nombreuses personnes vivant dans ces bidonvilles travaillent dans l'agriculture, ce qui implique de se lever tôt. "Comment peut-on partir au travail l'esprit tranquille en sachant qu'on peut recevoir un appel à tout moment ?", s'interroge Barbo, rappelant que ces familles contribuent à l'économie locale.
Un précédent en 2025
Ce scénario rappelle des événements similaires de l'année précédente. Début août 2025, le bidonville des Marais 2 devait être déplacé pour permettre un projet d'urbanisation. Finalement, cette expulsion n’avait pas eu lieu en raison de problèmes sanitaires sur le nouveau terrain proposé. Cette année, les associations font face à la difficulté de trouver des interlocuteurs officiels en pleine période de vacances.
Risques de tensions
Une autre préoccupation majeure pour les associations réside dans la possibilité de tensions à la suite d'une expulsion. Des propos xénophobes ont déjà été observés ces dernières semaines, notamment suite à des incendies dans des bidonvilles voisins. Les associations maintiennent leur objectif : soutenir les familles et réclamer la suspension de toute expulsion sans solution de relogement, ainsi que l'ouverture immédiate d'une concertation.
Pour l'heure, la mairie n'a pas donné suite aux sollicitations des associations concernant cette situation critique. Les familles et leurs soutiens restent dans l'attente d'une réponse de la part des autorités.


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