Publication le 21 juillet 2026 · Mis à jour le mardi 28 juillet 2026 dans la rubrique Nantes
Incendies dans des bidonvilles nantais : deux événements en trois jours anéantissent des familles roms
Deux incendies en trois jours dans des bidonvilles nantais : des familles roms anéanties
Une série noire s'abat sur les habitats précaires de l'agglomération nantaise. En l'espace de trois jours, deux incendies majeurs ont ravagé des camps de Roms et des bidonvilles, détruisant caravanes, véhicules et des hectares de végétation. Si aucun blessé n'est à déplorer, le bilan humain et matériel est lourd. Des dizaines de familles se retrouvent sans rien.
Lundi 20 juillet : 10 hectares partent en fumée à la Prairie de Mauves
Tout commence en fin d'après-midi, ce lundi. Un barbecue mal maîtrisé embrase la végétation du secteur Moulin des marais, dans le quartier Doulon, à l'est de Nantes. Le feu se propage à une vitesse redoutable. Dix hectares sont détruits. Une cinquantaine d'habitations sont évacuées par précaution. Les habitants d'un camp voisin racontent : « Le feu est arrivé jusqu'à nous et c'est parti partout. »
Les pompiers de Loire-Atlantique déclenchent des moyens considérables. 148 sapeurs-pompiers et 43 engins sont mobilisés dès 17 h 20. Un hélicoptère du SDIS survole la zone à 20 h 30 pour évaluer l'étendue. Le feu est fixé, mais des détonations retentissent toutes les 30 secondes – des bonbonnes de gaz ou des pneus qui explosent. Les policiers confirment l'évacuation de deux camps. Aucun blessé.
Sur place, le désarroi des familles roms est palpable. « On repart à zéro, c'est difficile, on n'a plus rien », confie un habitant. Dans les cendres, ils fouillent pour récupérer du métal à revendre. Les pertes sont dévastatrices. Une trentaine de caravanes sont parties en fumée. Certains ont perdu leurs papiers d'identité, leurs contrats de travail, leurs économies. « J'ai juste une carte vitale, alors je fais quoi avec ça ? », témoigne Pastila.
Un drame encore plus poignant : un chien n'a pu être sauvé des flammes. « Le feu était haut comme les arbres, on n'a rien pu faire », raconte un sinistré, la voix serrée.
Mercredi 22 juillet : nouveau sinistre à Saint-Herblain
Deux jours seulement après le premier incendie, l'alerte retentit à nouveau. Cette fois, c'est à l'ouest de Nantes, au lieu-dit Les Haradières à Saint-Herblain. Vers 19 h 17, un feu de végétation se déclare dans un bidonville occupé par des habitations précaires. 112 pompiers et 40 engins sont dépêchés, appuyés par 15 policiers pour sécuriser le périmètre.
Le bilan est lourd : 8 caravanes et 12 véhicules sont complètement calcinés, tandis que 8 hectares de végétation sont ravagés. Heureusement, les flammes sont maîtrisées avant d'atteindre les maisons voisines et l'établissement Calicéo, situé à proximité. Le feu est éteint vers 20 h 45, mais les secours restent sur place pour éviter toute reprise. Aucun blessé n'est signalé. La cause de cet incendie reste inconnue à cette heure.
Des sinistrés sans solution, hébergés dans un gymnase
Dans le sillage du premier incendie, une cinquantaine de Roms se retrouvent sans logement. La mairie de Nantes ouvre un gymnase pour accueillir 40 personnes en urgence. Mais ce n'est qu'un pansement. « Qu'on ne nous laisse pas dans la rue, c'est tout », supplie un habitant.
Beaucoup travaillent dans l'agriculture. Mais sans papiers, sans outils, ils ne savent pas comment reprendre leur vie. Le sentiment général est celui d'une impuissance totale. « Repartir, ça sera dur », répète-t-on.
Ces deux incendies en trois jours illustrent la précarité extrême des bidonvilles nantais et les risques quotidiens auxquels leurs habitants sont exposés. Les autorités restent mobilisées, mais pour l'heure, aucune solution durable n'est annoncée pour les familles qui ont tout perdu.


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