Publié le jeudi 21 mai 2026 dans la rubrique Nantes
Procès de Martin Ney : les légistes dévoilent les détails troublants de la mort de Jonathan Coulom
Ce jeudi 21 mai, à Nantes, le procès de Martin Ney entre dans sa troisième journée. Les médecins légistes témoignant à la barre ont apporté des éclairages troublants sur la mort tragique de Jonathan Coulom, un enfant de 10 ans disparu en 2004.
Des détails tragiques devant la cour
Les témoignages des médecins légistes ont plongé la salle dans une atmosphère pesante, marquée par des images choquantes et des descriptions précises de la découverte du corps de Jonathan. Ce dernier a été retrouvé immergé dans un étang du manoir de la Porte Calon à Guérande, situé à plus de 30 kilomètres de son centre de vacances à Saint-Brévin-les-Pins.
Le corps a été aperçu le matin du 19 mai 2004, flottant dans l'eau, attaché par des cordes au niveau des poignets, des chevilles, et lesté par un parpaing de 19 kg. Les plongeurs, arrivant sur place, se souviennent d’un « silence particulier » face à l’horreur de la situation, des scènes que tous ont du mal à effacer de leur mémoire.
Un enchaînement perturbant des événements
Ce qui choque les enquêteurs, c'est le délai entre les premières observations d’une masse flottante, notées dès le 14 avril, et l'appel des forces de l'ordre le 19 mai. Deuxièmement, l'emplacement de l'étang, encerclé de murs, rendait impossible sa découverte par des passant à proximité de la route principale.
Martin Ney, le principal suspect, continue de clamer son innocence, affirmant ne pas avoir mis les pieds en France à cette époque. La question demeure : comment pouvait-il connaître un lieu si isolé, tout en prenant le risque d’être vu?
Des corps, des autopsies, des désaccords
Au tribunal, cinq médecins légistes ont présenté des avis divergents sur la cause de la mort de Jonathan et la durée d’immersion du corps. Certains avancent une mort par suffocation, tandis que d'autres estiment que l'état du corps ne permet pas de telles certitudes. Le temps passé dans l'eau est également un sujet de débat : entre une et trois semaines pour certains, tandis que d'autres estiment qu’il pourrait avoir été immergé depuis le jour de sa disparition.
Les implications de la décomposition
La cour s'est penchée sur les mécanismes de décomposition, tentant de comprendre comment le corps avait remonté à la surface. La température de l’eau et la corpulence de l’enfant ont été discutées. Pour un enfant de 1,44 m et 35 kg, un médecin a mentionné qu'il faudrait environ trois jours pour que les gaz de putréfaction aient un effet suffisant, ce qui soulève des interrogations sur la présence du parpaing.
Des experts et des techniques de ligotage
Un ancien expert en nœuds a témoigné que les ligatures sur le corps de Jonathan étaient toutes similaires, utilisant des techniques faciles à réaliser. Il a expliqué qu'il était probable que l’enfant ait été attaché avant d'être transporté à l'étang. L'attachage au parpaing aurait été fait juste avant son immersion, dans un laps de temps d’au maximum vingt minutes. La minutie des opérations évoque un crime réfléchi.
Le suspect face à l'horreur
Martin Ney est resté impassible durant tout le procès, y compris lors de la diffusion des photographies d’autopsie, qu'il a qualifiées de « répugnantes ». La tension dans la salle était palpable, alors que des moments insoutenables ont poussé certains membres de la famille de Jonathan à quitter l’audience, confrontés à la cruauté de l'affaire.

