Publié le mercredi 15 juillet 2026 dans la rubrique Normandie
"Il passe 8.000 voitures par jour au moins" : longé par une route ultra-fréquentée, ce bourg devient un village fantôme
À Saint-Lô, dans la Manche, un bourg paisible se retrouve confronté à un trafic routier insupportable. La départementale 972, qui relie Saint-Lô à Coutances, est devenue une artère ultra-fréquentée, avec un passage quotidien d’au moins 8 000 véhicules. Jo et Yves, résidents de ce secteur depuis une décennie, vivent au rythme d’un bruit constant, jour et nuit, espérant des travaux annoncés depuis longtemps.
Des travaux attendus depuis des années
Le projet de mise à 2x2 voies sur l’axe routier Saint-Lô-Coutances, prévu pour fluidifier le trafic, semble s’éloigner. Lorsque Jo et Yves ont acheté leur maison, l'idée d’une route à deux voies paraissait prometteuse. Aujourd’hui, seules des bandes de dépassement sont évoquées, et les travaux se font toujours attendre. Yves, qui connaît bien la région, souligne que la circulation ne faiblit jamais, même la nuit.
Les nuisances du quotidien
Le couple a appris à vivre avec le bruit incessant, mais certains sons demeurent intrusifs. Les vibrations des bandes blanches, que chaque véhicule génère, perturbent leur quotidien. La D972 supporte un flux de véhicules croissant, reliant plusieurs communes, et les riverains ressentent les conséquences directes de cette intensification.
Un projet en attente
Le projet d’aménagement, évoqué depuis près de vingt ans, devait permettre un contournement des habitations par la création d’un nouveau tracé. Plusieurs maisons riveraines ont déjà été rachetées et vidées de leurs occupants, mais les travaux, initialement prévus, sont réduits en ampleur et tardent à commencer. Cette situation crée une pression supplémentaire sur ceux qui restent, comme Jo et Yves.
Les difficultés d’accès
Sortir de chez eux devient un véritable défi. Aux heures de pointe, Yves doit parfois patienter jusqu'à dix minutes pour trouver un créneau. Jo explique qu’il est impératif de prévoir un horaire pour sortir, sinon il faut attendre au bout de la haie. Le jardin, un espace de détente, se transforme en un exercice de patience quotidien.
Un village fantôme
Malgré la connaissance de la situation lors de leur achat, Jo et Yves espèrent toujours un aménagement. Plus de deux ans après le vote du département pour lancer les travaux, de nombreux bâtiments restent abandonnés le long de la D972. Les maisons rachetées, au nombre d’une trente maisons, sont désormais vides et dégradées, contribuant à l’atmosphère de désolation. Un autre riverain déplore ce gaspillage, évoquant l’absurdité d’avoir détruit tant de maisons sans aucune avancée.
Un sentiment d’isolement
Pour certains, cette situation engendre un profond sentiment d’isolement. Une riveraine confie que la population a considérablement diminué. Malgré la lassitude face à l’attente, l’espoir demeure parmi les habitants. Lorsqu’interrogés sur la nécessité des travaux, ils répondent en chœur : il est grand temps que la D972 soit modifiée.


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