Publié le lundi 29 juin 2026 dans la rubrique Normandie
Soupçon d'agression sexuelle au sein de la CGT : mis en cause, le syndicat assure "avoir fait le nécessaire"
Le Calvados est secoué par une affaire qui divise la CGT. Une adhérente accuse un cadre du syndicat de l’avoir agressée sexuellement en septembre 2025, à Caen. Depuis, la machine syndicale s’est activée, mais les versions s’opposent.
L’agression présumée dans une chaufferie
Les faits remontent au 25 septembre 2025. En marge d’une réunion, la plaignante sort fumer une cigarette. Elle s’isole dans une chaufferie, à l’écart de la salle. Un camarade la rejoint dans ce local exigu.
« Il s’approche, je recule jusqu’au mur. Une chaudière d’un côté, un mur de l’autre. Lui contre moi, il passe sa main derrière mon dos, remonte, puis passe plusieurs fois sa main sur mon sein », raconte cette ouvrière normande. Elle saisit alors la cellule interne du syndicat dédiée aux violences sexistes.
La version du syndicat : des mesures immédiates
Allan Bertu, secrétaire général de l’Union Départementale (UD) CGT du Calvados, donne sa chronologie. « Informé le 29 septembre, j’ai saisi la cellule de veille confédérale le 30. Le camarade a été suspendu quatre mois. »
Dans une lettre adressée à la rédaction, l’UD CGT Calvados certifie avoir activé « les dispositifs internes de lutte contre les VSS dès que la situation l’a nécessité ». Le syndicat assure avoir « fait le nécessaire » et « assumé ses responsabilités ».
Un sentiment d’omerta et de rejet pour la plaignante
La femme dénonce l’inverse. Selon elle, sa version n’a jamais été prise au sérieux. Pire, après une procédure interne, le cadre mis en cause aurait été réintégré rapidement.
« Ils ont voté pour ou contre la sanction. Ils ont éliminé la sanction. Au bout de deux mois, il est revenu comme avant dans la structure. Je pouvais le croiser », affirme-t-elle. Cette décision l’a laissée avec un sentiment de rejet, comme si elle était devenue la personne indésirable.
Allan Bertu confirme ce vote : « Il a été décidé de ne pas le sanctionner sur la base des éléments en notre possession. » Il renvoie désormais la balle à la justice.
La justice saisie pour « briser l’omerta »
La plaignante a déposé une plainte. Son objectif est clair : « Briser l’omerta » qu’elle estime régner au sein du syndicat. De son côté, l’UD CGT du Calvados affiche sa confiance dans les institutions judiciaires.
« Notre ligne de conduite demeure constante : respect de la parole des personnes concernées, refus de toute banalisation des VSS, respect de la présomption de sincérité comme de la présomption d’innocence », écrit le syndicat.
L’affaire continue de diviser les militants locaux. Tensions entre l’Union locale de Caen et l’Union Départementale, accusations réciproques : le climat est lourd. La justice devra trancher ce que la procédure interne n’a pas réglé.


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