Publié le jeudi 16 juillet 2026 dans la rubrique Paris
Airbnb illégal à Paris : une propriétaire condamnée à verser 220 000 euros, sa conciergerie condamnée à la même amende
La Ville de Paris renforce sa lutte contre les locations touristiques illégales. Le tribunal judiciaire a récemment infligé une amende de 440 000 euros à une propriétaire et à sa société de conciergerie, après avoir constaté que quatre appartements situés dans les VIIe et VIIIe arrondissements étaient loués sans autorisation sur Airbnb.
Des gains substantiels en deux ans
Les revenus générés par ces locations illicites sont estimés à plus de 410 000 euros sur une période de deux ans. La propriétaire, qui a transformé ces logements d’habitation en meublés de tourisme, a été condamnée à une amende de 220 000 euros. Le tribunal a rappelé que cette transformation s'effectuait sans l'autorisation requise par la réglementation municipale.
Un contrôle rigoureux de la Ville
La Ville de Paris, qui dispose d’une équipe dédiée à la surveillance des locations saisonnières, avait déjà constaté que ces appartements étaient loués depuis 2022 pour trois d'entre eux et depuis 2023 pour le dernier. En juin, les annonces étaient encore visibles en ligne au moment de l’audience.
Un cadre législatif renforcé
Cette décision s’inscrit dans une offensive plus large contre les locations illégales. En février, le tribunal avait déjà condamné deux propriétaires à des amendes significatives pour des infractions similaires. Une société civile immobilière avait écopé d'une amende record de 585 000 euros pour avoir transformé illégalement un immeuble en meublés touristiques. Barbara Gomes, conseillère à la mairie, avait alors affirmé que l’impunité était désormais révolue.
Première condamnation d'une conciergerie
Pour la première condamnation d'une conciergerie, une société de conciergerie a également été condamnée à une amende de 220 000 euros. Le tribunal a souligné que, en tant que professionnelle de l'immobilier, elle devait être consciente des obligations réglementaires. Cette condamnation, rendue possible par la loi Echaniz-Le Meur, marque un tournant dans la lutte contre les locations touristiques illégales, en permettant de sanctionner les conciergeries au même titre que leurs clients.
Des conséquences concrètes pour les logements
Le tribunal a ordonné que les quatre logements concernés soient remis en location d’habitation à l’année dans un délai d'un mois. En cas de non-respect de cette décision, une amende de 1 000 euros par jour de retard, pour chaque appartement, sera appliquée. Cette mesure vise à récupérer des logements pour les résidents parisiens.
Une vision pour l’avenir
Les élus parisiens, dont le maire Emmanuel Grégoire, saluent cette décision comme une victoire pour le droit au logement. Jacques Baudrier, adjoint chargé du logement, estime qu’il y a environ 25 000 locations touristiques illégales dans la capitale. Il anticipe que cette récente condamnation pourrait en entraîner d'autres, alors que la Ville continue de renforcer ses actions contre les abus liés à Airbnb.


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