Publié le vendredi 19 juin 2026 dans la rubrique Paris
Paris : la préfecture interdit une manifestation contre le régime iranien, les organisateurs ripostent
Le collectif Voix d'Iran a annoncé que la préfecture de police de Paris a interdit une manifestation importante prévue pour le samedi 20 juin, visant à dénoncer les violences du régime iranien. Les organisateurs avaient prévu d'attirer jusqu'à 100 000 participants, représentant des délégations de toute l'Europe. Le rassemblement devait se tenir à 14 heures sur la place Vauban, près des Invalides, avec des objectifs clairs : dénoncer les atteintes aux droits humains, exiger l'arrêt des exécutions et la libération des prisonniers politiques.
Une décision controversée
Dans un communiqué, le collectif Voix d'Iran a exprimé son regret face à cette interdiction, soulignant qu'ils avaient respecté toutes les procédures légales et maintenu des échanges réguliers avec la préfecture au cours des deux derniers mois. Ce collectif réunit plusieurs associations opposées à la République islamique, y compris le Conseil national de la Résistance iranienne, l'Association des femmes iraniennes en France et le Comité de soutien aux droits de l'homme en Iran.
Un parcours symbolique
La marche, déclarée au nom de l'association Nouveaux Droits de l'homme, devait emprunter un itinéraire emblématique, reliant la place Vauban à la place Joffre. Les organisateurs avaient choisi cette date particulière pour commémorer le 25e anniversaire d'une manifestation massive à Téhéran, qui avait vu 500 000 personnes exprimer leur rejet de la dictature religieuse. Cet événement historique avait été violemment réprimé par les forces de sécurité iraniennes, les Pasdarans.
Des tensions évoquées
La préfecture de police de Paris a justifié son arrêté en mettant en avant un "contexte national et international tendu". Elle a également exprimé des préoccupations quant à la possibilité d'affrontements entre militants aux opinions divergentes, ce qui pourrait troubler l'ordre public. Les organisateurs, quant à eux, prévoient de contester cette décision devant le tribunal administratif de Paris. William Bourdon, avocat du collectif, a annoncé qu'un recours serait introduit pour obtenir une révision de cette interdiction.
Réactions officielles
Les organisateurs ont noté que l'interdiction a été prononcée peu après une conversation téléphonique entre Abbas Araghtchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, et Jean-Noël Barrot. Ils affirment que ce dernier n'a pas mentionné la manifestation ni demandé son annulation. En réponse, le Quai d'Orsay a qualifié cette allégation de "fausse", soulignant qu'aucune pression n'avait été exercée sur les autorités françaises.
Un message qui perdure
Les organisateurs de la manifestation avaient pour objectif de rappeler que les exécutions continuent d'être utilisées comme un outil politique par le régime iranien pour maintenir son emprise sur le pouvoir. Behzad Naziri, ancien prisonnier politique et membre du Conseil national de la résistance iranienne, a affirmé que ces pratiques servent à terroriser la société iranienne. Le collectif Voix d'Iran continue de revendiquer la nécessité d'un débat public sur ces questions cruciales, en dépit des obstacles rencontrés.


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