Publié le vendredi 16 octobre 2026 dans la rubrique Suisse
La Chine soupçonnée après une cyberattaque contre Beyond Gravity
La société Beyond Gravity, basée à Berne et spécialisée dans les technologies spatiales, a récemment révélé avoir été victime d'une cyberattaque. Cette entreprise, détenue par la Confédération suisse, a signalé que l'auteur de l'attaque semblait être "hautement professionnel", ce qui a suscité des interrogations sur une possible implication étatique.
Soupçons portés sur la Chine
Selon une enquête menée par SRF, les investigations orientent les soupçons vers la Chine. Des sources proches du dossier affirment que Beyond Gravity et les autorités suisses considèrent Pékin comme le principal suspect. Cependant, ni l'entreprise ni le Département fédéral de la défense (DDPS) n'ont voulu confirmer cette hypothèse. Beyond Gravity a précisé que l'origine de l'attaque demeure à l'étude, mais des indications internes semblent privilégier la piste chinoise.
Une cible stratégique
Ralph Weber, professeur à l'Institut européen de l'Université de Bâle et expert en renseignement chinois, souligne que le secteur spatial est depuis longtemps sous le radar des agences d'espionnage. Dans un contexte de rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, les entreprises comme Beyond Gravity attirent l'attention. En mai dernier, un couple d'origine chinoise a été arrêté en Allemagne pour des activités d'espionnage dans le domaine spatial, renforçant l'idée que ce secteur est vulnérable.
Fuite de données confirmée
Les détails concernant la nature des informations sensibles qui auraient été compromises chez Beyond Gravity restent flous. Toutefois, il est probable que des données aient été dérobées. Maya Graf, conseillère aux États et présidente de la Commission de gestion du Conseil des États, a confirmé que le Parlement a été mis au courant de cette fuite. Un rapport sur l'incident a été transmis aux commissions concernées, qui doivent maintenant évaluer si des mesures supplémentaires sont nécessaires.
Les enjeux de l'espionnage technologique
Beyond Gravity collabore avec des programmes majeurs tels que celui des fusées Ariane pour l'Europe et la NASA. La question se pose alors : quel intérêt la Chine aurait-elle à accéder aux technologies de cette entreprise suisse? Ralph Weber explique que l'espionnage ne se limite pas à la capture de technologies avancées. Souvent, il s'agit de rassembler des détails apparemment insignifiants. Croisés et analysés, ces éléments peuvent devenir précieux pour des services de renseignement.
Réponse du Conseil fédéral
Si des preuves tangibles venaient à établir la responsabilité de la Chine, le Conseil fédéral devra décider de la réponse à adopter. La Suisse se montre habituellement prudente dans ce type de situation, car une accusation publique pourrait entraîner des tensions diplomatiques. Ce contexte est d'autant plus délicat que Berne et Pékin viennent de finaliser les négociations pour l'extension de leur accord de libre-échange, qui doit encore être ratifié.
Gestion discrète des affaires d'espionnage
Ralph Weber note que la Suisse opte pour une approche discrète dans les affaires d'espionnage, privilégiant souvent la gestion en coulisses. Contrairement à l'Allemagne, qui choisit de rendre publiques les affaires liées aux services chinois, la stratégie suisse inclut parfois le départ des suspects du pays sans que leurs activités soient dévoilées. Cela témoigne d'une volonté de maintenir des relations diplomatiques équilibrées tout en protégeant des intérêts nationaux sensibles.


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