Publié le mardi 08 septembre 2026 dans la rubrique Suisse
Pénurie de pédiatres en Suisse : un défi urgent pour les familles
Les régions suisses, notamment la Suisse centrale et orientale, font face à une pénurie alarmante de pédiatres. Cette situation entraîne de longs délais d’attente pour les consultations et des difficultés pour les médecins à accepter de nouveaux patients. En moyenne, un pédiatre prend en charge environ 1600 enfants, alors que la Fédération des médecins suisses recommande un pédiatre pour 1000 enfants.
Des disparités marquées entre cantons
La situation varie considérablement d'un canton à l'autre. Par exemple, dans le canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, un pédiatre doit s’occuper de 4750 enfants, un ratio six fois supérieur à celui de Genève, où le chiffre est d’environ 750 enfants par médecin. Claudia Kuehni, directrice de l’étude et professeure à l’Université de Berne, souligne que ces écarts sont plus prononcés que prévu.
Les cantons urbains et ceux de la Suisse latine bénéficient d'une couverture pédiatrique plus adéquate, alors que les zones rurales souffrent d'un manque criant de médecins. Ces différences se traduisent par des conséquences concrètes pour les familles. Par exemple, la durée des consultations préventives varie : environ 20 minutes dans le canton de Schaffhouse, contre 45 minutes à Genève ou en Valais. Cela signifie que les pédiatres, souvent surchargés, doivent passer rapidement d’un enfant à un autre.
Difficultés pour accueillir de nouveaux patients
Le problème ne s'arrête pas là. De nombreux cabinets dans les régions à faible offre ne prennent plus de nouveaux patients, ou le font de manière sélective. Seuls 31 % des cabinets pédiatriques acceptent encore des enfants sans restrictions, selon l’étude. Cela crée une situation difficile pour de nombreuses familles qui peinent à trouver un pédiatre disponible pour leurs enfants.
Conséquences sur la qualité des soins
Stefan Roth, membre du comité des Médecins de famille et pédiatres Suisse, constate les effets de cette pénurie au quotidien. Les plages horaires réservées aux urgences se remplissent rapidement. Ainsi, les pédiatres doivent souvent gérer jusqu'à six enfants par heure, au lieu des trois prévus. Dans ces conditions, les consultations se concentrent généralement sur les problèmes urgents, laissant de côté d’autres préoccupations des parents.
Cela engendre un stress immense, tant pour les médecins que pour les familles. Stefan Roth souligne qu'il est frustrant de ne pas pouvoir répondre adéquatement aux besoins des patients. Les parents se retrouvent souvent avec des questions non résolues, et les médecins doivent faire face à une charge émotionnelle importante.
Facteurs structurels de la pénurie
Claudia Kuehni explique que cette pénurie de pédiatres est due à plusieurs facteurs. D’abord, la Suisse ne forme pas suffisamment de médecins. De plus, la charge administrative croissante dans les cabinets réduit le temps que les médecins peuvent consacrer à leurs patients. Cela complique encore davantage la situation pour les familles qui ont besoin de soins.
Rémunération et urbanisation : des leviers d'action
L’étude met également en avant que les disparités entre cantons sont en partie dues au degré d’urbanisation et à la rémunération des médecins, qui varie selon les régions. Selon les chercheurs, la rémunération expliquerait 39 % des écarts observés : plus elle est élevée, plus la densité de médecins est importante. Pour Claudia Kuehni, harmoniser les tarifs à l’échelle nationale pourrait être une solution. Cela rendrait l’installation de pédiatres en zone rurale plus attractive.
Une revalorisation ciblée dans les régions les plus touchées par la pénurie pourrait également aider à améliorer la situation. Les décisions politiques et économiques à ce sujet seront essentielles pour garantir un meilleur accès aux soins pédiatriques pour tous les enfants en Suisse.


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