Publié le vendredi 04 septembre 2026 dans la rubrique Suisse
Procès des leaders de Junge Tat : tensions et silence à Zurich
Procès à Zurich
Le procès des leaders de l'organisation d'extrême droite Junge Tat a débuté ce vendredi à Zurich. Ils sont jugés pour des accusations de discrimination et d'incitation à la haine. Les deux figures centrales de ce groupuscule, Tobias Lingg et Manuel Corchia, s'exposent à une peine de prison pouvant aller jusqu'à quinze mois, dont six fermes.
Manifestations devant le tribunal
À l'extérieur du tribunal, environ 150 manifestants, représentant des mouvements antinazis et pro-LGBT+, se sont rassemblés. Ils ont brandi des pancartes avec des slogans tels que «Zürich bleibt Nazifrei» (Zurich sans nazis). À leur arrivée, Lingg et Corchia ont défié les manifestants en exhibant des affiches proclamant «Familie statt Gender-ideology» (la famille plutôt que l’idéologie de genre).
Actions passées de Junge Tat
En 2022, la Junge Tat avait déjà fait parler d'elle en perturbant des événements comme le service religieux de la Pride de Zurich. Le groupuscule avait également interrompu une lecture pour enfants animée par une drag queen, se présentant armés de torches et proférant des menaces. Cette escalade de tensions avait conduit à l'annulation de plusieurs lectures pour des raisons de sécurité.
Pétition et déclarations des accusés
Avant l’ouverture du procès, les prévenus avaient lancé une pétition sur les réseaux sociaux, dénonçant ce qu'ils qualifient d'accusations à «motivation politique» de la part du ministère public. Manuel Corchia a affirmé, à l'entrée du tribunal, qu'il s'agissait d'un test pour voir si la liberté d'expression était respectée en Suisse.
Une audience marquée par le silence
Lors de l'audience, le juge a posé des questions simples, comme l'origine des accusés ou leur revenu mensuel. En réponse, les deux leaders ont choisi de garder le silence. Quand il a abordé des faits précis, y compris des actes pour lesquels ils avaient été surpris en flagrant délit, ils n’ont pas non plus répondu, ce qui a suscité des commentaires de la part des parties civiles.
Réactions des parties civiles
Brandy Butler, chanteuse et militante LGBTQ+, qui fait partie des parties civiles, a exprimé sa déception face à l'attitude des membres de la Junge Tat. Elle a souligné que le manque de sérieux affiché par les accusés envers le tribunal est préoccupant. Butler est également l'organisatrice de Drag Story Time, une initiative qui propose des lectures pour enfants par des drag queens.


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