Publié le vendredi 14 août 2026 dans la rubrique Suisse
Scandale des rabais sur les médicaments en Suisse : les parlementaires réagissent
À Genève, un rapport du Contrôle fédéral des finances (CDF) a mis en lumière des pratiques douteuses concernant les rabais sur les médicaments. Chaque année, des millions de francs seraient détournés par des pharmaciens, des hôpitaux et des cabinets médicaux, qui conservent une partie des réductions dont ils bénéficient sur le prix d'achat des médicaments. Cette situation soulève des inquiétudes majeures parmi les parlementaires, qui dénoncent un véritable "vol organisé".
Des millions de francs en jeu
Le CDF estime que les rabais accordés par l'industrie pharmaceutique s'élèvent à 743 millions de francs par an. Cependant, seulement 12% de ce montant, soit environ 88 millions, est redistribué aux assureurs et assurés comme le requiert la loi. Ces chiffres révèlent une disparité alarmante entre les avantages accordés et leur répercussion sur les bénéficiaires réels.
Des parlementaires s'élèvent contre cette pratique
Le conseiller national Thomas Bläsi (UDC/GE) a exprimé son indignation lors de l'émission Forum de la RTS. Selon lui, les estimations du CDF ne représentent qu'une fraction des rabais réellement en jeu. Il souligne que l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), responsable du contrôle, ne peut pas justifier à la fois des hausses de primes et une incapacité à retracer les avantages dans la chaîne d'approvisionnement des médicaments. Bläsi a déjà initié des démarches parlementaires sur cette question.
Un appel à l'action
Pour Baptiste Hurni (PS/NE), la situation actuelle constitue "ni plus ni moins un vol organisé". Il rappelle que la loi stipule que les rétrocessions doivent revenir aux assureurs et aux assurés, ce qui n'est manifestement pas respecté. Hurni souligne que des modèles comptables peu clairs, similaires à ceux utilisés dans le domaine criminel, sont en place. Il exhorte tous les partis politiques à se mobiliser lors de la prochaine session parlementaire pour traiter ce problème urgent.
Les attentes des parlementaires
Thomas Bläsi espère que cette problématique sera enfin prise au sérieux. "Ce rapport ne clôt pas le débat, il ouvre l'heure des comptes", affirme-t-il, insistant sur la nécessité d'établir un calendrier avec des objectifs clairs. Pour lui, il est inacceptable que l'OFSP ne connaisse pas les flux financiers liés aux rabais sur les médicaments. Selon lui, il est crucial de faire toute la lumière sur cette affaire et de restituer aux assurés ce qui leur revient.
Des réformes nécessaires
Baptiste Hurni nuance la responsabilité de l'OFSP en évoquant des coupes budgétaires qui ont affecté le personnel de l'organisme. Cependant, il déplore que la question des rabais sur les médicaments n'ait pas été priorisée. Pour lui, il est indispensable d'augmenter les contrôles dans l'immédiat, mais il prône également une réforme profonde du système de rétrocessions, qu'il juge inadapté à une assurance obligatoire. Il insiste sur le fait qu'une telle opacité ne peut plus perdurer alors que de nombreuses personnes peinent à payer leurs primes, lesquelles augmentent chaque année.


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