Publié le mercredi 22 juillet 2026 dans la rubrique Suisse
Solvabilité: «Nous sommes tous fichés et notés, sauf les mineurs»
À Lausanne, une question se pose : comment les adultes sont-ils notés en matière de solvabilité ? Une enquête récente de la Fédération romande des consommateurs (FRC) révèle que presque tous les adultes en Suisse possèdent une note qui évalue leur risque de défaut de paiement, une pratique légale mais souvent critiquée pour son manque de transparence.
Une notation omniprésente
La FRC souligne que cette notation concerne pratiquement tous les adultes, à l'exception des mineurs. Ce système d'évaluation est utilisé dans diverses situations, comme l'octroi d'un crédit, la signature d'un bail ou lors d'achats sur facture. Les conséquences d'une mauvaise note peuvent être significatives, car elles peuvent empêcher la conclusion de contrats importants. De plus, beaucoup de ces notés ignorent qu'ils font l'objet d'une évaluation.
Critiques sur l'opacité et la fiabilité
La secrétaire générale de la FRC, Sophie Michaud Gigon, dénonce l'opacité des méthodes de calcul utilisées pour établir ces notes. Les entreprises qui les attribuent restent souvent discrètes sur les critères qu'elles emploient ainsi que sur les sources d'information qu'elles consultent. Cette opacité soulève des questions quant à la fiabilité des évaluations, car des personnes sans incidents de paiement peuvent recevoir des notes inférieures à la moyenne.
Un exemple notable provient d'une habitante de Neuchâtel qui a été notée C par Creditreform, sans recevoir d'explication. Cette situation soulève des interrogations sur des facteurs comme le revenu, la profession ou la situation financière d'un partenaire, qui pourraient influencer la note de manière injuste.
Appels à plus de transparence
Face à ces préoccupations, Sophie Michaud Gigon a interpellé le Conseil fédéral, demandant une plus grande transparence sur les méthodes de calcul de ces notes. Elle souhaite également un meilleur contrôle du secteur, ainsi qu'une réflexion sur la proportionnalité de la collecte et du partage de données personnelles. La FRC plaide pour une évaluation plus équitable et transparente des consommateurs.
La défense des entreprises spécialisées
Les entreprises qui attribuent ces notes se défendent en affirmant que leur rôle est de limiter les risques d'impayés et de prévenir le surendettement. Elles assurent que les consommateurs ont le droit de demander l'accès à leurs données et de corriger d'éventuelles erreurs dans leur évaluation. Cependant, des voix politiques, comme celle du conseiller national vaudois Samuel Bendahan, remettent en question la légitimité de ces pratiques, évoquant les risques liés à leur manque de transparence.
Un débat en cours
Ce sujet soulève un débat important sur la protection des données personnelles et l'éthique de la notation des consommateurs. La FRC et d'autres acteurs demandent des réformes pour garantir que les citoyens soient mieux informés et protégés face à ces évaluations souvent méconnues. Alors que le système actuel semble ancré, la pression pour une révision des pratiques se renforce, avec l'espoir d'une plus grande équité pour tous les consommateurs.


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