Publié le samedi 11 juillet 2026 dans la rubrique Toulouse
Canicule et vigilance rouge en Haute-Garonne : face aux nombreuses annulations de feux d’artifice, le cri d’alarme des professionnels du secteur, "C’est la première fois que nous subissons autant"
En Haute-Garonne, la canicule frappe fort. La vigilance rouge feu de forêt pousse une quinzaine de communes à annuler leur feu d'artifice du 14 juillet. Derrière ces décisions prudentes, un secteur économique vacille : celui des artificiers professionnels.
Un coup dur pour les artificiers
Michel Murcia dirige Toulouse Artifice Créations, basée à Capens. Son entreprise a vu le jour en 2002. "Depuis le lancement, c’est la première fois que nous subissons autant d’annulations", lâche-t-il, désabusé. Sur les 27 feux prévus, 18 ont déjà été déprogrammés. D'autres pourraient suivre. Le timing est cruel : tout cela arrive à une semaine du principal week-end de l'année.
Une perte de chiffre d'affaires estimée à plus de 10%
Les chiffres donnent le vertige. La société estime une perte supérieure à 10 % de son chiffre d'affaires. Trois salariés travaillent à l'année. Plus de 35 artificiers sont mobilisés chaque 13 et 14 juillet. "Toutes ces personnes se retrouvent en chômage virtuel, privées d'activité et de revenus", explique le directeur. Ces techniciens, assimilés à des intermittents du spectacle, ne touchent aucune indemnité.
Les conséquences financières ne s'arrêtent pas là. Un autre professionnel du secteur confie : "L'impact financier d'une annulation est majeur. Même si un spectacle est reporté, on perd dans tous les cas de l'argent." La sentence tombe souvent à la dernière minute. Les commandes sont déjà prêtes. Les camions et les équipes sont partis. Les hôtels sont réservés. Une partie des frais reste engagée.
Des professionnels réclament des décisions au cas par cas
Ce même professionnel plaide pour une approche plus fine. Il faudrait des déprogrammations déterminées "au cas par cas", pas une décision "globale" au niveau départemental. "Souvent, des opérations sont annulées alors que le risque incendie est quasi inexistant", insiste-t-il. La sécheresse n'a pas le même impact partout. Installer un dispositif près d'une plage, d'un lac ou d'une rivière n'implique pas le même danger qu'au milieu d'un champ. En centre-ville, le risque est faible : pompiers et secours sont juste à côté.
Les artificiers savent gérer ces situations. "On a la connaissance des produits et des distances de sécurité. On sait maîtriser les risques", assure-t-il. Preuve à l'appui : ces professionnels travaillent régulièrement dans des pays chauds comme les Émirats arabes unis ou l'Arabie saoudite.
Les communes qui ont dit non
La préfecture de la Haute-Garonne n'a pas généralisé l'interdiction. Elle préconise un encadrement strict. Mais plusieurs communes ont préféré renoncer au traditionnel feu d'artifice. Colomiers, Blagnac, Cugnaux, Muret, Pibrac, Villemur-sur-Tarn, Launaguet, Escalquens, Plaisance-du-Touch, Revel, Mondonville, Noé, Capens et Rieumes figurent sur la liste. Dans cette dernière, le spectacle est reporté au 22 août, à l'occasion du festival d'été Cœur Estival.
À Merville, l'annulation a aussi été décidée. À Castelnau-d'Estrétefonds, le concert prévu n'aura pas lieu non plus. Grenade va encore plus loin : le feu d'artifice est annulé, tout comme le bal des pompiers et l'ensemble des festivités de la fête nationale. Des décisions de prudence qui laissent un goût amer aux professionnels du secteur.


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