Publié le samedi 03 octobre 2026 dans la rubrique Toulouse
RECIT. Affaire Jubillar : les dernières heures de Delphine dans un huis-clos étouffant
Ce 2 octobre à Cagnac-les-Mines, Cédric Jubillar, vêtu d'un t-shirt blanc et de chaussures de randonnée, se prépare à revivre la nuit tragique du 15 au 16 décembre 2020. Dans cette maison qu'il a bâtie, il tente de donner une version des événements sur le meurtre de Delphine Jubillar, 33 ans, mère de deux enfants. Cédric, âgé de 39 ans, a avoué avoir tué sa femme après des mois de tensions, notamment après qu'elle lui ait révélé avoir un amant.
Une reconstitution sous haute tension
La scène se déroule dans le salon-cuisine où Delphine a passé ses dernières heures. Cédric Jubillar, en face d'un groupe d'enquêteurs, justice et avocats, se prépare à expliquer comment il a étranglé sa femme. Le récit qu'il fait est celui d'une pulsion de colère, exacerbée par une situation de jalousie. Dans son explication, il mime l'étranglement avec une gendarme jouant le rôle de sa femme, illustrant ainsi la violence de ce moment tragique.
Les circonstances de la dispute
La reconstitution débute aux alentours de 1 h 30 du matin, selon Cédric. Ce dernier évoque des insultes échangées entre lui et Delphine, qui se trouvait sur le canapé avec son téléphone. Il se souvient d'une photo d'elle qu'elle aurait montrée, accompagnée de la phrase : « j’ai trouvé quelqu’un qui fait mieux l’amour que toi... ». Ces mots seraient à l'origine de son explosion de rage. Après avoir mimé l'étranglement, il affirme avoir transporté le corps de sa femme dans le coffre de sa voiture.
Des incohérences dans le récit
Cédric Jubillar, lors de la reconstitution, peine à porter le mannequin de 60 kg censé représenter son épouse. Il s'efforce de convaincre que la porte du couloir était ouverte, suggérant que leur fils Louis, alors âgé de six ans, n'a pas été témoin de la dispute. Cependant, cette affirmation est contestée, notamment par les avocats des enfants, qui soulignent que le couple avait pour habitude de fermer cette porte pour permettre aux enfants de dormir paisiblement.
Retour sur les lieux du crime
Après cette première phase de reconstitution, le groupe se rend à Mailhoc, à une douzaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines. Cédric explique avoir garé sa voiture près de tas de compost avant de déterrer le corps. Une fois sur place, il réussit à manipuler le mannequin pour le placer dans le compost, une tâche qui soulève des questions sur la faisabilité de son récit. Le substrat dans lequel il prétend avoir caché le corps est noté comme étant friable et sans traces.
Des révélations sans surprises
En près de trois heures, Cédric Jubillar a reconstitué les faits de manière détaillée. Pourtant, les avocats, tant pour la défense que pour la partie civile, ne relèvent rien de nouveau. La défense souligne la coopération de Cédric, tandis que l'avocat de la famille de Delphine dénonce une mise en scène pour cacher la vérité. Le procès en appel se tiendra du 30 avril au 14 mai 2027, une prochaine étape pour un homme déjà condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme.


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