Publication le 10 juillet 2026 · Mis à jour le lundi 13 juillet 2026 dans la rubrique Nantes
Annulation du Dub Camp Festival : 30 000 festivaliers laissés sur le carreau à Joué-sur-Erdre
Le Dub Camp Festival devait rassembler 30 000 personnes à Joué-sur-Erdre du 10 au 12 juillet 2026. Il n’y aura eu que des bénévoles, démontant les scènes sous un soleil accablant, et des festivaliers perdus, arrivés de Lyon, de l’île Maurice ou d’ailleurs, pour apprendre l’annulation en cours de route. La vigilance rouge canicule a tout balayé. Ce qui devait être un des plus gros rassemblements de l’été ligérien s’est transformé en festival fantôme.
« Douche froide » pour les bénévoles venus de loin
Diego, 25 ans, et trois copains ont pris la voiture jeudi 9 juillet à Lyon pour parcourir les 650 km qui les séparaient de Joué-sur-Erdre. Six heures de route, 150 euros d’essence et de péages pour l’aller seul. Et puis, une heure avant l’arrivée, le portable sonne. L’information tombe : le festival est annulé. « C’est la douche froide. On est là avec le soleil et sans la musique », raconte le jeune homme. Lui devait être bénévole sur l’événement, un engagement qui lui a coûté des congés posés spécialement.
Sur le site, quelques centaines de personnes errent. « Tout le monde est abattu. Au lieu de faire la fête, on démonte », témoigne un autre bénévole. Les systèmes amplifiés restent silencieux. « On erre à la recherche de musique, mais il n’y en a pas », ajoute-t-il. L’ambiance est celle d’un désert.
Organisateurs sous pression, démontage sous contrôle
Du côté des organisateurs, le choc est tout aussi rude. Yann Lefloch, co-président du Dub Camp Festival, explique que les opérations de démontage ont débuté le soir même de l’annulation, puis ont été suspendues. « On attendait notre assurance et qu’un expert passe. Il ne fallait pas démonter pour constater que tout avait été mis en place », précise-t-il. Brumisateurs, nombreux points d’eau : les installations de rafraîchissement étaient prêtes. La vigilance rouge a eu raison de ces préparatifs.
Le festival, qui affichait complet avec 30 000 festivaliers attendus, n’accueille plus que les bénévoles autorisés à démonter. Le bruit de la ferraille et des outils remplace les basses. Pour Lefloch, la déception est double : « On a reçu un mail une demi-heure après l’annulation d’une personne qui venait de l’île Maurice, qui avait posé des vacances et programmé un budget pour ça. »
Solidarité locale et denrées invendues
morose, des habitants des environs ont apporté leur soutien. Certains voisins sont venus acheter une partie de la nourriture destinée aux festivaliers, qui ne pouvait plus être vendue. Un geste qui a permis d’écouler une partie des stocks, même s’il reste des denrées périssables. Les organisateurs tentent de garder le moral et cherchent des solutions pour amortir le choc financier et humain. « On prend toutes les solutions de soutien », assure Yann Lefloch.
Pour des centaines de bénévoles venus parfois de l’autre bout de la France, l’annulation laisse un goût amer. Diego et ses amis, eux, ont fait demi-tour sans avoir entendu une note. Les congés sont brûlés, l’argent dépensé, l’énergie investie dans le vide. Le festival fantôme restera comme un souvenir cruel de l’été 2026.
Le Dub Camp espère rebondir. Mais pour l’instant, à Joué-sur-Erdre, il ne reste que le soleil, le bruit du démontage et la promesse d’une édition à venir.


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