Publié le samedi 11 juillet 2026 dans la rubrique Nantes
Projet de CRA à Nantes : une réunion publique sous le signe de la défiance
Une réunion publique marquée par la méfiance
Le 9 juillet, à Nantes, a eu lieu la seconde réunion publique concernant le projet de création d'un Centre de Rétention Administrative (CRA). L'événement s'est tenu dans une salle presque vide, illustrant la méfiance des opposants envers la commission d'enquête, chargée d'évaluer l'autorisation environnementale nécessaire pour le projet. Cette réunion a été bien plus calme que la précédente, interrompue le 6 mai après seulement trente minutes face à une audience hostile.
Des préoccupations environnementales soulevées
Bien que le nombre de participants ait chuté à une trentaine, tous étaient présents pour exprimer leur désaccord avec le projet. Jean-Paul Lecomte, membre de l'association France Nature Environnement, a exprimé son incompréhension face au choix de l'emplacement. "C'est le pire endroit que vous ayez pu trouver sur le plan environnemental", a-t-il déclaré. Une autre participante a également remis en question la chronologie du projet, soulignant que le permis avait déjà été déposé alors que les études étaient incomplètes.
La défense du projet par les autorités
Pour défendre le projet, Thierry Harscouët, chef de projet pour le SGAMI Ouest, a expliqué que les recherches foncières avaient débuté en avril 2023 avec des critères stricts. Le site choisi, situé rue de la Mainguais à Carquefou, est proche de lignes de transport et d'équipements publics, mais se trouve également dans une zone humide et boisée. La Commission locale de l’eau a émis un avis défavorable à ce projet, suivi par le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel, qui a également alerté sur l'impact sur la Noctule commune, une espèce de chauve-souris protégée.
Les contributions des riverains remises en question
La présidente de la commission d'enquête a noté qu'au total, plus de 700 contributions avaient été enregistrées en ligne. Un riverain a exprimé son scepticisme quant à l'impact réel de ces contributions sur le projet, se demandant quel rôle elles pouvaient jouer dans la consultation publique. La réunion a laissé de nombreux participants frustrés, dont Marius, membre du collectif Extinction Rebellion Nantes, qui a regretté le manque de réponses aux questions posées.
Des recours juridiques en perspective
Le collectif COLERE, regroupant 30 organisations, a déjà formé un recours contentieux contre l'arrêté préfectoral qualifiant le projet d'intérêt général. D'autres actions juridiques sont à prévoir, en collaboration avec l'association ARALB, représentant les riverains du projet. La présidente de la commission a tenu à rappeler l'indépendance de cette dernière vis-à-vis du porteur de projet et des instances décisionnelles.
Un projet controversé
Ce projet de CRA à Nantes s'inscrit dans une initiative nationale du ministère de l'Intérieur, visant à créer 3000 places d'ici 2028. Le centre devrait accueillir 140 hommes, avec la présence de 200 policiers et 50 intervenants extérieurs. La rétention administrative, qui y sera pratiquée, permet de maintenir des étrangers en attente d'éloignement, limitant cette rétention à 90 jours, sauf en cas de menaces terroristes.
La consultation en ligne relative à ce projet se clôturera le 23 juillet à 17h00, laissant encore la possibilité aux citoyens de faire entendre leur voix.


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