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Publié le dimanche 02 août 2026 dans la rubrique Nantes

"On continue de soutenir le projet", chez Planète Sauvage, on espère que le delphinarium du zoo de Beauval verra le jour

À Port-Saint-Père, en Loire-Atlantique, Planète Sauvage retient son souffle. Le parc, qui compte 11 dauphins, espère les transférer au zoo de Beauval, dans

À Port-Saint-Père, en Loire-Atlantique, Planète Sauvage retient son souffle. Le parc, qui compte 11 dauphins, espère les transférer au zoo de Beauval, dans le Loir-et-Cher, où un vaste centre d'études doit voir le jour. Mais le projet, contesté par des associations, voit son coût exploser. Le directeur de Beauval, Rodolphe Delord, hésite à renoncer.

Une mobilisation devant le zoo de Beauval

Ce samedi 1er août, une poignée de manifestants s'est rassemblée devant le parc animalier de Saint-Aignan. À l'appel de l'association One Voice, plusieurs groupes de défense des animaux ont dit non aux nouveaux bassins pour dauphins. Ils dénoncent un projet qu'ils jugent contraire à l'évolution des mentalités et des lois.

Un centre d'études unique en Europe

Le Zoo Parc de Beauval présente son Centre d'études, de recherche scientifique et de sauvegarde pour dauphins comme « hors normes, ambitieux et profondément novateur ». Il comprendrait sept bassins, trois vastes lagons paysagers et pourrait accueillir 20 à 30 cétacés. Pas de spectacles, pas de produits chimiques dans l'eau : l'établissement met en avant le bien-être animal, la recherche et la conservation. Le projet répond à une demande du gouvernement, dans le cadre de la loi de 2021 qui interdit les spectacles de cétacés à partir de décembre 2026.

Le CERSSD servirait de point de chute pour les dauphins des deux delphinariums français et d'autres sites européens qui ferment. Mais le coût a grimpé. Estimé d'abord à 25 millions d'euros, il atteint désormais 45 millions. Rodolphe Delord attend un prêt garanti par l'État et se dit « la boussole » fixée sur un seul objectif : éviter que les animaux partent dans des parcs d'attractions en Asie.

Planète Sauvage soutient le projet

En Loire-Atlantique, Planète Sauvage ne cache pas son attente. L'établissement souhaite confier ses 11 dauphins au futur centre. En novembre 2025, son directeur scientifique de l'époque, Martin Boye, se réjouissait d'un lieu aligné sur leurs valeurs : recherche, protection des espèces, conditions d'accueil de qualité. Contacté ce 2 août 2026, le parc répond sobrement : « On continue de soutenir le projet du zoo de Beauval et dans cette attente, on poursuit nos missions de conservation, de sensibilisation et de recherche. »

One Voice dénonce un troisième delphinarium

Pour Muriel Arnal, présidente de One Voice, le projet est une aberration. Après Marineland à Antibes et Planète Sauvage, la France n'a pas besoin d'un troisième delphinarium. Elle affirme que les gens n'en veulent plus. L'association a participé aux réunions avec Beauval, mais dit avoir été surprise : « Quand nous avons compris que ce serait un delphinarium, avec de la reproduction, d'éventuels transferts en Chine, comme l'a dit le directeur, nous ne pouvions pas l'accepter. »

One Voice propose une alternative : placer les dauphins dans des aires marines protégées, des sanctuaires. Le premier sanctuaire marin pour dauphins européens doit ouvrir à Tarente, en Italie, avec quatre places. Muriel Arnal estime que le modèle est « facilement duplicable et pas cher ». Le PDG de Beauval répond en agitant le spectre d'une délocalisation vers des pays aux conditions animales inférieures à la France.

Sea Shepherd France apporte son soutien

Rodolphe Delord revendique le soutien de plusieurs centaines d'associations espagnoles et de Sea Shepherd France. Lamya Essemlali, sa présidente, confirme. Selon elle, 70 dauphins cherchent actuellement un placement en Europe. Environ 240 cétacés y sont captifs, plus de la moitié appartiennent à des fonds d'investissement. Le risque d'un départ vers la Chine, où les conditions sont « catastrophiques », est élevé. Le projet de Beauval offre des « garde-fous importants, inimaginables en Chine ».

Sur la reproduction en captivité, Lamya Essemlali précise qu'elle sera soumise à un comité d'éthique et ne pourra pas être justifiée par des arguments commerciaux. Les sanctuaires seraient la solution idéale, concède-t-elle. Mais celui d'Italie ne compte que quatre places, déjà réservées. Un autre projet en Grèce, à Lipsi, n'est pas près d'aboutir. Les critères physiques, biologiques et réglementaires freinent leur développement. Pour elle, deux visions de la défense des dauphins s'opposent. « L'héritage qui est le nôtre, c'est d'assumer cette responsabilité jusqu'au bout et de s'assurer que les animaux ne terminent pas dans des mouroirs en Chine. »


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