Publié le samedi 04 juillet 2026 dans la rubrique Normandie
À Rouen, un monocoque transformé en bateau 100% solaire pour une navigation silencieuse
Un vieux monocoque transformé
Le bateau, baptisé "Little John", est un monocoque de 6,40 mètres qui a subi une transformation significative. Après six mois passés à terre au port de plaisance de Rouen, Guy Doudement, membre de l'association Concept Hélios Production, s'apprête à le remettre à l'eau. Il a pris soin de repeindre la coque, de polir l'hélice et de nettoyer les panneaux solaires, essentiels à son fonctionnement. "Avec les tempêtes de sable récentes, la poussière s'est accumulée. Si on ne les nettoie pas, les cellules solaires ne produisent qu'un tiers de leur puissance", précise-t-il.
Une nouvelle source d'énergie
Guy fait partie d'une initiative qui a débuté en 1996, visant à concevoir des prototypes de bateaux solaires. "Little John" a remplacé son moteur diesel par quatre batteries, permettant une alimentation en 48 volts. Cette configuration offre une autonomie de 10 heures. "Cela équivaut à 2 ou 3 jours sans soleil", ajoute-t-il. Avec une vitesse de pointe de 10 km/h, ce bateau permet de profiter des paysages aquatiques, offrant une expérience de navigation plus lente et contemplative.
Innovation et recherche de matériaux
Guy ne s'arrête pas là. Il travaille sur un prototype novateur : un bateau solaire à pédales, conçu à l'aide d'une grande imprimante 3D. "Cela fait dix ans que nous explorons les matériaux. Au départ, nous utilisions du bois, mais nous essayons maintenant de créer une coque en plastique recyclable", explique-t-il. Ce projet illustre l'engagement de l'association envers une approche plus durable dans la construction navale.
Un enjeu environnemental majeur
Les travaux de Concept Hélios Production vont au-delà de la passion. Ils soulignent un enjeu énergétique et environnemental important. Actuellement, 80 % des bateaux de plaisance fonctionnent avec des moteurs thermiques, que ce soit à l'essence ou au diesel. Une étude menée par l'Observatoire régional de la qualité de l'air Atmo Sud, en collaboration avec le CNRS, a révélé que les bateaux de plaisance polluent entre 3 et 37 fois plus qu'une voiture.
Une mise à l'eau pleine d'espoir
Le moment tant attendu de la mise à l'eau arrive. Après des mois d'attente, Guy est enthousiaste à l'idée de naviguer à nouveau. Notre équipe a eu l'occasion de faire une petite croisière sur la Seine à bord d'un autre prototype de l'association, le trimaran solaire "Éolios". Ce bateau a fait ses preuves en 2008 en traversant la Manche en seulement 11h30. À bord, le silence est apaisant, seul le clapotis de l'eau sur les coques accompagne la navigation.
Une prise de conscience en marche
Béatrice Nicolle, présidente de l'association, souligne l'importance de leur démarche : "Le contexte climatique actuel incite à une prise de conscience environnementale. Tout le monde devient motivé à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous voulons contribuer à la promotion de l'éconavigation et prouver que c'est réalisable." Cette petite équipe de passionnés rêve de voyages plus lents, tout en continuant à naviguer dans un monde en évolution face au changement climatique.


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