Publié le mercredi 01 juillet 2026 dans la rubrique Normandie
Deauville inaugure une salle Mélanie dédiée aux enfants victimes de violences
Deauville (Calvados) dispose depuis le début du mois de juin 2026 d'une nouvelle salle Mélanie. Installée dans les locaux de la gendarmerie, elle vise à recueillir la parole des mineurs victimes ou témoins de violences, notamment sexuelles. Un dispositif qui vient compléter l'offre existante dans le département.
Un espace conçu pour apaiser
La pièce est peinte dans des tons jaunes et gris souris. Le mobilier est adapté aux enfants. Sur un tableau blanc, des marqueurs. Deux poupées, une rose et une bleue, permettent de montrer sans avoir à parler. Le Petit Prince, une colombe, un phénix ornent les murs, chargés de symboles. Lundi 29 juin 2026, cette salle a servi pour la deuxième fois depuis sa mise en service.
Du nom de la première mineure entendue et filmée dans les années 1990, cet espace offre un cadre sécurisant. "L'enfant peut s'exprimer librement et poser des questions qu'il n'ose pas forcément poser à son entourage", explique Claire Bignon, adjointe au Centre d'information sur les droits des femmes et des familles dans le Calvados.
Un protocole en trois étapes
Contrairement aux apparences, une seule pièce ne suffit pas. Le protocole Mélanie en exige trois. Une première salle accueille la famille. L'enquêteur y échange avec les proches sur le déroulement de la procédure. Une seconde, dite technique, est équipée d'un système d'enregistrement, de renvoi de l'image et du son. Enfin, la salle spécialement aménagée pour le recueil de la parole.
Lors de l'audition, seuls l'enfant et l'officier de police judiciaire (OPJ) prennent place dans cette dernière. "L'infrastructure du bâtiment permettait, en déplaçant deux ou trois choses, de créer ce qui s'impose dans le protocole Mélanie entre l'accueil de la famille et le recueil de la parole", explique Laurent Martin de Morestel, commandant de la gendarmerie de Deauville.
Des enquêteurs spécialement formés
Les OPJ ne sont pas choisis au hasard. Ils reçoivent une formation spécifique aux auditions Mélanie. Dans le Calvados, ils sont une trentaine à l'avoir suivie, précise David Cazimajou, commandant du groupement de gendarmerie du Calvados.
Pendant l'audition, les images sont renvoyées dans la salle technique. Une vitre sans tain permet aussi à l'enquêteur et, éventuellement, à un psychologue d'observer le langage non verbal de l'enfant. "Parfois, ça veut dire beaucoup", ajoute Laurent Martin de Morestel.
Un besoin identifié sur le territoire
Cette quatrième salle Mélanie dans le Calvados répond à une nécessité concrète. Après l'hôpital de Lisieux, celui de Caen et la Maison de protection des familles, également à Caen, le département étoffe son réseau. Le commandant David Cazimajou y voit un moyen "d'augmenter les capacités de prise en charge et de recueil de la parole de victime".
Face aux difficultés pour obtenir une disponibilité dans la salle Mélanie de l'hôpital de Lisieux, Laurent Martin de Morestel a poussé pour créer une salle dans ses propres locaux. L'infrastructure s'y prêtait. Un réaménagement a suffi.
Un réseau en expansion
Le Calvados n'est pas un cas isolé. Au niveau national, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, recensait "un peu moins de 400 salles Mélanie" lors de son intervention au Sénat le mardi 9 juin. Un chiffre qui témoigne de la généralisation progressive de ce dispositif, né dans les années 1990, pour mieux protéger les enfants victimes ou témoins de violences.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.