Publié le vendredi 12 juin 2026 dans la rubrique Strasbourg
Rassemblement hommage à Noahm à Strasbourg : dénonciation des violences anti-LGBT
Dimanche 14 juin, à 15 heures, un rassemblement est organisé place Gisèle Halimi à Strasbourg (Bas-Rhin). Il rend hommage à Noahm, un jeune Mosellan de 19 ans, tué après une agression dont le caractère homophobe est désormais examiné par la justice. L’événement, porté par le Front d’Action Gay, vise aussi à dénoncer les violences anti-LGBT et l’inaction de l’État.
Un jeune homme de 19 ans tué après une violente agression
Les faits remontent à la nuit du 30 au 31 mai. Noahm est frappé violemment à la tête à plusieurs reprises. Il perd connaissance et reste au sol, dans un état grave. Placé en état de mort cérébrale, il succombe le matin du 2 juin. Ce drame bouleverse la communauté LGBT, d’autant qu’il survient en plein mois des Visibilités, période de célébrations et de revendications.
Une enquête qui évolue vers la piste homophobe
Dans les premiers jours de l’enquête, le parquet de Metz estime manquer d’éléments pour qualifier l’agression d’homophobe. Mais jeudi 11 juin, le procureur de la République annonce élargir les investigations sur cette hypothèse. Ce changement intervient après une forte mobilisation politique et associative, ainsi que la médiatisation des témoignages. La parole des témoins a pesé dans la balance.
Ce virage judiciaire ne calme pas la colère des associations. Pour le Front d’Action Gay, le rassemblement de dimanche doit être l’occasion de dénoncer « l’inaction de l’État en matière de prévention de ces actes ». Les différents plans nationaux de lutte contre les discriminations et la haine anti-LGBT restent insuffisamment dotés pour produire des effets concrets sur le terrain, affirment les organisations.
« Personne ne doit mourir en raison de son orientation sexuelle »
Kévin, membre du FAG depuis deux ans, rappelle que ces meurtres ne sont pas limités au mois de juin. « Ils émaillent toute l’année », insiste-t-il. Pour lui, le discours autour des faits divers est trompeur. « C’est un système, ce ne sont pas des faits divers. C’est une guerre faite au peuple LGBTI. » Il promet une réponse collective : « Nous saurons faire preuve d’unité. »
Le collectif revendique une idée simple : « Personne ne doit mourir en raison de son orientation sexuelle, de son identité ou de l’expression de son genre. » Le recueillement, dit le FAG, doit être le point de départ de l’action.
Un mois des Visibilités sous le signe de la colère
L’agression mortelle de Noahm frappe en plein mois des Visibilités, un temps de célébration pour la communauté LGBT. Mais le Front d’Action Gay prévient : « Il ne saurait y avoir de fierté sans l’expression de la colère de toute une communauté en deuil. » Ce dimanche, place Gisèle Halimi, les Strasbourgeois sont appelés à se retrouver pour Noahm et pour toutes les victimes de l’homophobie. Un hommage qui se veut aussi un cri d’alerte.

