Publié le mercredi 30 septembre 2026 dans la rubrique Suisse
La commission suisse pour le patrimoine culturel face aux spoliations
La commission pour le patrimoine culturel au passé problématique (CPCP) a récemment franchi une étape significative à Berne, en Suisse. Après six mois de délibérations, elle a validé ses règles de procédure pour examiner les affaires qui lui seront présentées, notamment celles relatives aux spoliations nazies ou coloniales.
Un processus de médiation
La CPCP a été conçue pour traiter les litiges concernant des objets culturels. Toute partie impliquée dans un différend peut saisir la commission, que ce soit individuellement ou conjointement. Dans un premier temps, la commission tentera de trouver un accord à l'amiable via un processus de médiation. Si cette approche échoue, elle formulera une recommandation qui, bien qu'elle n'ait pas force obligatoire, peut influencer de manière significative les décisions futures.
Recommandations variées
Les recommandations de la commission peuvent englober la restitution d'un objet, mais également d'autres formes de compensation, telles que l'indemnisation financière. Felix Uhlmann, le vice-président de la commission, a souligné cette facette lors d'une conférence de presse. Cela ouvre la porte à des solutions plus flexibles et adaptées aux situations spécifiques des cas examinés.
Les collections de la Confédération
Un autre aspect de l'œuvre de la CPCP concerne l'examen des collections détenues par la Confédération suisse. En septembre, divers organismes tels que la Bibliothèque nationale suisse et le Musée national suisse ont été entendus sur leur gestion des biens culturels au passé problématique. Ces auditions visent à fournir des conseils au Conseil fédéral et à l'administration fédérale sur la manière de traiter ces objets.
Un rôle de modèle
Simonetta Sommaruga, ancienne conseillère fédérale, a exprimé l'importance pour la Confédération de jouer un rôle exemplaire dans ce domaine. Elle a insisté sur la nécessité d'aborder ces questions de manière proactive, afin de renforcer la position des musées et d'éviter des crises potentielles à l'avenir.
État des lieux des restes humains
La commission a également l'intention de réaliser un état des lieux des restes humains présents dans les collections suisses. De nombreux crânes, squelettes et échantillons de tissus ont été collectés dans des contextes éthiques discutables, souvent durant les périodes coloniales. Selon Simonetta Sommaruga, les musées et universités suisses pourraient détenir plusieurs milliers de ces restes.
Une démarche éthique
Pour chaque cas, la CPCP souhaite collaborer avec les descendants ou les communautés d'origine afin de déterminer la meilleure façon de traiter ces restes humains. Elle souligne l'importance d'une approche éthique dans le traitement de ces sujets sensibles. Certains restes, rappelons-le, ont été exhumés ou acquis de manière illégale, souvent dans le cadre de recherches raciales au XIXe et XXe siècles.


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