Publié le vendredi 10 juillet 2026 dans la rubrique Suisse
La régulation minimale de l'IA : un sujet qui divise la Suisse
À Genève, le débat autour de la régulation de l'intelligence artificielle (IA) s'intensifie après les déclarations d'Albert Rösti, ministre suisse en charge de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication. Lors d'une conférence de presse, il a affirmé que la régulation de l'IA devrait être minimale et que l'ONU devrait jouer un rôle central dans ce domaine. Ces propos viennent après le Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, un sommet qui a réuni chercheurs et représentants d'ONG.
Appel à une régulation minimale
Albert Rösti a souligné l'importance de ne pas trop réglementer l'IA. Selon lui, le secteur doit plutôt se concentrer sur la labellisation des entreprises qui adoptent des bonnes pratiques. Il a évoqué le sommet mondial de juin 2027 à Genève, où la Suisse sera mise en avant comme un site d'innovation capable d'apporter des solutions aux enjeux globaux liés à l'IA.
Réactions divergentes au Parlement
Les déclarations d'Albert Rösti n'ont pas tardé à susciter des réactions au sein du Parlement. Samuel Bendahan, conseiller national du Parti socialiste (PS/VD), a qualifié ses propos de "scandaleux", arguant qu'ils minimisent les risques associés à l'IA. Pour Bendahan, cette position du gouvernement témoigne d'une stratégie peu élaborée concernant la protection des emplois et des jeunes face aux transformations numériques.
Position de la droite
À l'opposé, les représentants de la droite soutiennent la position de Rösti. Matthias Michel, conseiller aux États du Parti libéral-radical (PLR/ZG), a déclaré que la Suisse ne doit pas précipiter la réglementation dans un secteur numérique en pleine évolution. Cependant, il a exprimé des réserves sur l'absence de mention d'une convention européenne imminente, qui imposera aux États de garantir les droits humains et l'État de droit dans l'utilisation de l'IA. La droite considère cette convention comme une régulation suffisante.
Le sommet mondial de l'IA en 2027
La Suisse accueillera le sommet mondial sur l'IA en 2027, devenant ainsi le cinquième pays à le faire, après le Royaume-Uni, la Corée du Sud, la France et l'Inde. Ce sommet réunira des chefs d'État et de gouvernement, ainsi que des ministres chargés de l'IA, afin de discuter des applications bénéfiques de cette technologie. La Suisse souhaite également inviter des entreprises pour des échanges sur les usages positifs de l'IA.
Un message constructif
Albert Rösti a exprimé son souhait que le message principal du sommet ne soit pas centré sur les menaces liées à l'IA, mais plutôt sur les solutions et les innovations. En tant qu'intermédiaire neutre, la Suisse pourrait apporter des conseils pertinents, tout en étant consciente de son influence par rapport à des puissances comme les États-Unis ou la Chine. Il a rappelé que le pays dispose d'un fort potentiel au niveau des entreprises et de la recherche.


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