Publié le vendredi 05 juin 2026 dans la rubrique Suisse
L'Union syndicale suisse s'oppose fermement à la réforme des salaires minimums
À Berne, lors d'une assemblée des délégués, l'Union syndicale suisse (USS) a pris une position ferme contre toute réforme qui menacerait les salaires minimums fixés au niveau cantonal et communal par le biais des conventions collectives de travail (CCT). L'organisation a exprimé une volonté unanime de lancer un référendum si de telles modifications étaient mises en œuvre.
Protection des salaires minimums
Les salaires minimums, selon l'USS, résultent de décisions démocratiques et doivent être défendus. Le syndicat met en avant que toute tentative de contournement de ces minima affaiblirait les travailleurs ayant des revenus modestes, dans des secteurs déjà vulnérables comme l'hôtellerie, la restauration, la coiffure, la boulangerie et la boucherie. De nombreux employés dans ces domaines peinent à subvenir à leurs besoins essentiels.
Évolution législative en cours
Le Conseil national a récemment emboîté le pas au Conseil des États en acceptant que les CCT étendues prennent le pas sur les salaires minimums cantonaux. Cette modification législative est prévue pour être soumise à une votation finale le 19 juin, dernier jour de la session d'été. L'USS craint que cette évolution n'aboutisse à une précarisation accrue des travailleurs peu rémunérés.
Impact sur le pouvoir d’achat
L'USS a également tiré la sonnette d'alarme sur l'érosion du pouvoir d'achat. De nombreux salariés n'ont pas constaté d'augmentation de leurs salaires réels depuis 2016, malgré une bonne santé économique du pays. Avec une inflation attendue entre 1 et 1,5 %, le syndicat estime que les augmentations salariales récentes n’ont pas compensé le renchérissement des coûts de la vie. L'USS appelle donc à une "offensive salariale" lors des prochaines négociations.
Revendiquer des avancées sociales
Les délégués ont également réaffirmé plusieurs revendications, notamment l'instauration de huit semaines de vacances pour les apprentis et une mise en œuvre plus rigoureuse de l’initiative sur les soins infirmiers. Ils soulignent la nécessité d'effectifs adaptés aux besoins et d'un financement public accru pour le système de santé.
Protection contre la violence au travail
En parallèle de ses revendications salariales, l’USS souhaite une ratification rapide des conventions no 190 et 191 de l’Organisation internationale du travail. Ces conventions visent à renforcer la protection contre la violence et le harcèlement au travail, tout en garantissant un environnement professionnel sécuritaire. L’USS met en avant que une femme active sur deux subit du harcèlement sexuel au cours de sa carrière, avec une incidence particulièrement élevée chez les jeunes femmes et les travailleurs précaires.
Pour l'USS, ces conventions enverraient un message clair : la violence et le harcèlement au travail doivent être reconnus et combattus de manière systématique. Le syndicat salue l'initiative du Conseil fédéral, estimant qu'elle ne nécessite pas de modifications légales et qu'elle bénéficie d'un large soutien.

