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Publié le lundi 22 juin 2026 dans la rubrique Bordeaux

Ferme aquacole Pure Salmon : permis de construire signé, le Coderst décidera le 2 juillet

Le projet Pure Salmon à Verdon-sur-Mer obtient son permis de construire sous conditions. Le Coderst se prononce le 2 juillet : dernier espoir pour les opposants.

Au Verdon-sur-Mer, en Gironde, le projet de ferme aquacole Pure Salmon franchit une nouvelle étape administrative. La préfète Sophie Brocas a signé le permis de construire le 16 juin, autorisant l'édification de 70 000 m² de bâtiments sur 14 hectares dans la zone industrialo-portuaire. Mais ce feu vert reste conditionné à l'obtention d'une autorisation environnementale, que les opposants espèrent encore bloquer.

Un permis de construire sous conditions

Ce permis, délivré par la préfecture, ne scelle pas l'avenir du projet. Il permet la construction sur un terrain appartenant au Grand Port maritime de Bordeaux, mais les travaux ne pourront démarrer qu'après validation de l'autorisation environnementale. La date butoir est fixée au 2 juillet, lorsque le Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) examinera le dossier. L'avis du Coderst est consultatif : c'est la préfète qui prendra la décision finale.

Le même jour, le ministre de l'Industrie Sébastien Martin, de passage à Bordeaux, a affiché son soutien. Il ne voit « aucune raison » que le projet n'aboutisse pas, pour peu qu'il respecte les normes réglementaires et environnementales. Une position opposée à celle de sa collègue de l'Écologie, qui s'était montrée plus réservée quelques mois plus tôt.

Les opposants misent sur le Coderst comme dernier rempart

L'association Seastemik, fer de lance de la contestation, appelle à un rassemblement le 2 juillet à 13 heures devant la Cité administrative de Bordeaux, au moment de la réunion du Coderst. Dans un communiqué diffusé le 22 juin, elle écrit : « le vote du Coderst peut encore faire sauter ce verrou et infléchir ce processus ». Pour les militants, c'est « la dernière chance d'éviter le désastre ».

Leur crainte dépasse le seul site du Verdon-sur-Mer. « Pure Salmon n'est pas qu'un projet local : c'est le cheval de Troie d'une industrialisation de l'aquaculture terrestre en France, portée par un fonds d'investissement étranger », affirme Seastemik. L'ouverture de cette usine, selon eux, ouvrirait la porte à d'autres installations similaires sur le territoire.

Des promesses d'emplois face à des inquiétudes environnementales

Pure Salmon prévoit la production annuelle de 10 000 tonnes de saumons en circuit fermé, avec un taux de recyclage de l'eau annoncé à 99 %, sans antibiotiques, hormones ni pesticides. Pour ses promoteurs, le projet répond à une demande française aujourd'hui majoritairement couverte par les importations, tout en proposant une production locale plus vertueuse. Les collectivités locales misent sur les 250 emplois promis.

Mais les opposants pointent les risques. Ils rappellent que l'enquête publique a recueilli plus de 20 000 contributions défavorables. Plusieurs organismes scientifiques, dont l'Ifremer, ont émis des réserves. Dans une note publiée en avril, l'Ifremer souligne la difficulté à évaluer les effets d'une installation de cette ampleur sur les écosystèmes et la filière piscicole française, et recommande une expertise complémentaire avant toute décision.

Un avis d'enquête publique favorable mais contesté

En mars, la commission d'enquête publique a pourtant rendu un avis favorable, assorti de réserves sur la gestion de l'eau et la montée en puissance progressive de l'exploitation. Les commissaires estimaient que le projet constituait une alternative aux élevages marins traditionnels, et jugeaient certaines critiques fondées sur une méconnaissance des aspects techniques. Ces conclusions ont été immédiatement contestées par les associations, qui rappellent que la Commission locale de l'eau et le Conseil scientifique de l'estuaire ont émis des avis réservés. Les incertitudes sur les impacts environnementaux, selon elles, demeurent trop importantes pour autoriser l'installation.

Le 2 juillet, le Coderst rendra son avis consultatif. Les opposants comptent sur ce vote pour faire pencher la balance, tandis que les porteurs du projet espèrent un feu vert définitif. Dans les semaines à venir, la préfète tranchera.


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