Publié le samedi 27 juin 2026 dans la rubrique Bordeaux
Ses finances dans le rouge, Bordeaux Métropole cherche « le chemin du sursaut collectif »
Bordeaux Métropole fait face à une situation financière préoccupante. Depuis 2020, la dette de cette collectivité a explosé, passant de 900 millions d’euros à 2 milliards d’euros. Cette augmentation, qui n'est pas sans précédent, avait déjà été reconnue par l'ancienne équipe dirigeante. Cependant, un audit réalisé par EY (Ernst & Young) avertit d'une possible aggravation de cette situation, qui pourrait atteindre 2,35 milliards d’euros d’ici fin 2026. Les prévisions évoquent même une mise sous tutelle par l'État d'ici 2028 si aucune mesure n'est prise pour redresser cette trajectoire jugée « intenable » par Thomas Cazenave, le nouveau président de Bordeaux Métropole.
Des indicateurs en déclin
Le président de Bordeaux Métropole, accompagné de son vice-président chargé des finances, Emmanuel Sallaberry, tire la sonnette d’alarme face à une « dégradation continue » des indicateurs économiques. En particulier, l'épargne nette de la métropole est devenue négative, ce qui est problématique pour la gestion financière. La capacité de désendettement, quant à elle, a connu une hausse inquiétante, passant de 7,4 ans en 2023 à 12,3 ans cette année. Ce chiffre dépasse largement le plafond fixé par l'État, ce qui soulève des inquiétudes quant à la viabilité financière de la collectivité.
Les causes de l'endettement
L'exécutif de Bordeaux Métropole attribue cette dérive financière à une augmentation significative des dépenses de fonctionnement, qui a crû de 11 % récemment. Ce surcroît de dépenses n'est pas compensé par les recettes, ce qui alimente la spirale de l'endettement. Une part importante de cette hausse, soit 40 %, est liée à l'augmentation des effectifs, avec 600 équivalents temps plein supplémentaires en cinq ans. Pourtant, Emmanuel Sallaberry souligne qu'aucune nouvelle compétence n’a été ajoutée à la collectivité durant cette période, ce qui pose la question de l'efficacité de cette hausse des effectifs.
Le recours aux prestataires extérieurs
Un autre aspect préoccupant est le recours important à des prestataires extérieurs. Bordeaux Métropole dépense environ 40 millions d’euros par an pour des assistances à maîtrise d’ouvrage (AMO). Cette situation soulève des interrogations sur la gestion interne des projets et sur la capacité de la métropole à mobiliser ses propres ressources. L’exécutif semble donc confronté à un double défi : réduire les dépenses tout en améliorant la gestion des projets en interne.
Des solutions à envisager
Face à ce constat alarmant, le nouveau président de Bordeaux Métropole appelle à un « sursaut collectif ». Cela implique non seulement de revoir la gestion des finances publiques, mais aussi d’adopter une approche plus rigoureuse concernant les dépenses. La nécessité d'une réflexion globale sur les priorités budgétaires s'impose, afin de garantir la durabilité financière de la métropole à long terme.
Une situation à surveiller
La situation de Bordeaux Métropole illustre les défis auxquels font face de nombreuses collectivités en France. Alors que la dette continue de grimper, les élus devront agir rapidement pour éviter une crise financière majeure. Les prochaines années seront cruciales pour redresser la barre et retrouver une trajectoire financière saine. L'engagement des acteurs locaux sera décisif pour naviguer dans cette période délicate.


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