Publié le lundi 15 juin 2026 dans la rubrique Lyon
Effondrement de la coalition Aulas : défections en cascade à Lyon
Lyon, Rhône – L’union de la droite et du centre à Lyon n’était qu’un château de cartes. En trois jours, ce château s’est écroulé. L’affaire Roman Abreu, conseiller stratégique de Jean-Michel Aulas accusé de viol aggravé, a servi de détonateur.
Un effondrement en accéléré
Lundi 15 juin, les macronistes ont claqué la porte de Cœur lyonnais, le mouvement de Jean-Michel Aulas. Thomas Rudigoz (Renaissance) a mené la charge. Un communiqué laconique a officialisé le départ. Quelques minutes plus tard, un second texte annonçait la même décision pour la majorité du 5ᵉ arrondissement, conquis en 2026 par ce même mouvement.
Le signal était clair : la rupture était consommée. Vendredi précédent, Pierre Oliver et Samuel Soulier, les édiles LR des 2ᵉ et 6ᵉ arrondissements, avaient déjà quitté le groupe. Leur départ faisait suite à une réunion de groupe houleuse, racontée par Tribune de Lyon et Lyon décideurs. Horizons, le parti d’Édouard Philippe, a suivi le mouvement. La coalition s’effilochait de tous les côtés.
Des défections en cascade
Ces départs en série sonnent le glas de l’aventure Cœur lyonnais. Certains critiquent déjà une vaste opération de communication politique. Laila Khallouk, élue “indépendante” dans le 9ᵉ arrondissement, a elle aussi quitté le navire lundi. La situation était devenue intenable. Jean-Michel Aulas, sa colistière Laure Cédat et Emmanuel Imberton, tous trois vice-présidents de la Métropole, avaient déjà été démis de leurs délégations par la présidente de la collectivité, Véronique Sarselli (LR – Grand cœur lyonnais).
Le grief est précis : ils auraient gardé Roman Abreu au cœur du système Cœur lyonnais, malgré les accusations qui pesaient sur lui. Et ils en avaient été informés. Rue89Lyon a révélé que la victime et son agresseur se sont recroisés fortuitement au moins une fois. L’homme était régulièrement présent au QG de campagne. Une gestion qui a fini par lasser même les plus fidèles.
L’affaire Abreu au cœur de la crise
Depuis la plainte pour viol visant le spin-doctor d’Aulas, chacun tente de se désolidariser du clan Aulas. Un soutien de la première heure confiait à Rue89Lyon : “Il aurait dû sauter”. Une forme de sidération traverse les rangs. Le mot est lâché. Personne ne comprend pourquoi Roman Abreu n’a pas été écarté plus tôt.
À la mairie centrale, l’hypothèse d’une reprise du combat sous des bannières séparées est sur toutes les lèvres. Les écologistes observent la dislocation. La droite et le centre pourraient bien repartir en ordre dispersé contre eux.
“Une chasse à l’homme de la société civile”
Jean-Michel Aulas, Laure Cédat et Emmanuel Imberton occupaient une place centrale dans la campagne. Leur éviction cache peut-être un règlement de compte plus ancien. C’est la ligne de défense de l’ancien président de la CCI. Interrogé par Lyon décideurs, il a dénoncé une “véritable chasse à l’homme de la société civile”.
Dans l’entourage proche des mis en cause, on accuse la majorité métropolitaine et l’opposition municipale de vouloir un retour à des “logiques d’appareil”. Le terme “ancien monde” revient. La rupture est aussi idéologique.
Le 22 juin, prochaine échéance
Le prochain conseil métropolitain est fixé au lundi 22 juin. Il pourrait acter le retrait définitif des délégations des trois vice-présidents. Une élue de la majorité l’annonçait en fin de semaine dernière : “Vous allez avoir des choses à écrire”. Elle avait raison. L’affaire Abreu n’a pas fini de faire trembler la métropole lyonnaise.

