Publié le samedi 06 juin 2026 dans la rubrique Nantes
Une militante d’Extinction Rebellion relaxée pour dégradations à Nantes
La justice nantaise a rendu son verdict concernant une militante d’Extinction Rebellion, accusée de dégradations sur des enseignes de fast fashion. La prévenue a été relaxée par le tribunal correctionnel, qui a jugé que les éléments présentés par l’accusation étaient insuffisants pour établir sa culpabilité.
Une action militante remarquée
Le 25 juin 2025, un groupe de six militantes a pris d'assaut plusieurs magasins de fast fashion à Nantes. Leur première cible, Uniqlo, a été le théâtre d'une intervention marquée par le déversement d'une "substance visqueuse" sur le sol. Les conséquences n’ont pas tardé à se faire sentir : une odeur forte a rapidement envahi les trois étages du magasin, causant des irritations chez les clients.
Des actions similaires chez H&M et Zara
Les militantes ont ensuite poursuivi leur action chez H&M, situé rue du Calvaire, où des incidents analogues ont été rapportés. Des enregistrements vidéo ont montré les militantes laissant un mot d'excuse, accompagné de bonbons, pour le personnel. Quant à Zara, la direction avait anticipé l'événement, demandant au personnel de sécurité de contrôler les sacs à l’entrée. Cela n’a pas empêché la diffusion d'une forte odeur à l’intérieur du magasin.
Des accusations contestées
Lors de son procès, la militante a fermement nié toute implication dans les faits survenus chez Zara. "Zara, personne n'y est allé", a-t-elle déclaré devant le tribunal. Les enseignes touchées ont fait état de préjudices matériels, évoquant des vêtements endommagés et du mobilier altéré, notamment à Uniqlo, où un responsable a remis aux enquêteurs plusieurs vêtements imprégnés d'une forte odeur, ainsi qu'une étagère endommagée.
Une défense axée sur les incohérences
La défense a soulevé des incohérences dans les accusations. La prévenue a exprimé son incompréhension face à la situation. Elle a précisé que la substance utilisée était un mélange d'huile essentielle d'ail et d'acide butyrique, minimisant ainsi la gravité de l'incident. Son avocat, Me Stéphane Vallée, a qualifié l'action de "simple boule puante". Il a également souligné que les enquêteurs n'avaient pas procédé à l'analyse de la substance incriminée.
Un contexte climatique évoqué
Le représentant du parquet a jugé l'action "manifestement disproportionnée", arguant que le danger lié à la fast fashion n'était pas immédiat. En réponse, la défense a replacé l'incident dans le cadre de l'urgence climatique, en mentionnant les températures élevées récemment enregistrées, notamment au Palais de Justice, atteignant 35 degrés.
Le jugement final
Finalement, le tribunal a relaxé la militante des accusations de dégradations commises en réunion et de déversement de liquide insalubre. Néanmoins, elle a écopé d'une amende de 500 euros avec sursis pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement biologique lors de sa garde à vue. Ce jugement soulève des interrogations sur la ligne de conduite à adopter face aux actions militantes en matière d'urgence climatique.

