Publié le dimanche 12 juillet 2026 dans la rubrique Normandie
Édouard Elias : Un Voyage Photographique à Travers la Normandie
La Communauté d'agglomération de Caen, située dans le Calvados, a confié au photographe Édouard Elias une mission singulière : explorer et immortaliser la beauté de son territoire. Connu pour ses reportages dans des zones de guerre comme la Syrie et le Soudan, Elias se voit ici dans un tout autre contexte, celui de la paix.
Un regard neuf sur la Normandie
Édouard Elias, armé de son Rolleiflex argentique, commence son périple dans la plaine au sud de Caen, à la ferme de l'Odon. Ce matin-là, le photographe s’attache à capturer les gestes de Frédérique, la responsable technique, qui mesure la croissance des pommes de terre. Elle plonge les mains dans le limon et décrit avec passion les tubercules qu’elle extrait du sol, parfaits pour des frites dorées. Les rayons du soleil créent un arc-en-ciel à travers les jets d’eau de l’asperseur, ajoutant une touche poétique à cette scène agricole.
De la guerre à la paix
La veille, Édouard Elias s'est rendu à Ouistreham pour immortaliser l'ambiance estivale de l'école de voile, contrastant avec l'atmosphère des conflits qu'il a souvent couverts. Il a récemment passé du temps en Syrie et au Soudan, mais ici, il s'intéresse à des moments de vie quotidienne, à l'engagement des gens dans leur travail. "Je photographie ce que les gens font, leur passion, leur métier, leur cause. Cela reste du travail humain", explique-t-il.
Un photographe aux multiples facettes
Édouard Elias a parcouru le monde pendant plus de quinze ans, se focalisant sur des zones de conflit, que ce soit au Darfour, en Ukraine, ou en Méditerranée avec les migrants. Son expérience l’a marqué, en particulier sa captivité en Syrie pendant onze mois entre 2012 et 2013. Aujourd'hui, il se consacre à un projet qui vise à montrer la vie en paix, une commande de Caen la mer qui lui a donné carte blanche pour photographier divers aspects de la région.
Une approche symbolique
Bertrand Cousin, en charge de l'attractivité à Caen la mer, justifie cette démarche : "C'est sur cette terre que la Liberté a été gagnée". Édouard Elias s’inspire des quatre éléments - l'eau, la terre, l'air et le feu - pour structurer son travail. Il a ainsi exploré des lieux variés comme l'aéroport de Carpiquet, une chaudronnerie, le port et même suivi des pompiers et la brigade nautique de Ouistreham.
La force du dialogue
Édouard Elias constate une réalité enrichissante en France : "Il y a encore du dialogue". Cette observation résonne avec sa propre expérience des conflits, où les échanges entre humains cessent souvent. Dans une époque où les idées sont polarisées, il ressent l'importance de préserver le dialogue. "C'est bête de revenir à ça, mais c'est ce que je ressens quand je reviens d'endroits où les gens ont arrêté de discuter", ajoute-t-il.
Une exposition à venir
Les images d'Édouard Elias sont régulièrement diffusées par Caen la mer sur différents supports de communication, et une exposition est prévue dans quelques mois pour mettre en lumière son travail sur la paix. "Nous vivons une anomalie de l'histoire, 80 ans sans guerre sur le sol français. Il faut essayer de la préserver le plus longtemps possible", conclut-il, conscient de la fragilité de cette paix.


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