Publié le vendredi 19 juin 2026 dans la rubrique Paris
Interdiction d'une manifestation contre les exécutions politiques en Iran à Paris
Un rassemblement prévu ce samedi à Paris, dans le VIIe arrondissement, pour protester contre les exécutions politiques en Iran a été interdit par la préfecture de police de Paris. Cette décision a été annoncée jeudi soir, suscitant des réactions vives de la part des organisateurs.
Justifications de l'interdiction
La préfecture a invoqué un « contexte national et international tendu » pour justifier cette interdiction. Elle a évoqué le « risque sérieux » de violences entre groupes aux opinions opposées, pouvant troubler l'ordre public. La manifestation devait se dérouler près de plusieurs institutions publiques et représentations diplomatiques, ajoutant à la préoccupation des autorités.
Réactions des organisateurs
Les organisateurs, regroupés au sein du collectif Voix d’Iran, ont exprimé leur désaccord avec cette décision, qu'ils qualifient de « fondement sans justification ». Ils notent que cette interdiction a été prononcée peu après un échange téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, et son homologue iranien, Abbas Araghchi. Selon eux, Barrot n'a pas mentionné la manifestation durant cet entretien, ce qui soulève des questions sur la coordination entre les autorités françaises et iraniennes.
Une contestation jugée arbitraire
Me Vincent Brengarth, avocat de l'association Nouveaux droits de l'Homme (NDH), coorganisatrice de l'événement, a qualifié l'interdiction d'« arbitraire ». Il a déclaré que la décision tardive de la préfecture révèle l'absence de fondement solide à cette mesure. Avec son confrère Me William Bourdon, il a déposé une requête en urgence auprès du tribunal administratif de Paris pour contester l'interdiction, arguant que celle-ci porte atteinte à la liberté de manifester.
Le contexte historique de la manifestation
Ce rassemblement a été programmé pour commémorer la manifestation du 20 juin 1981 à Téhéran, qui avait rassemblé 500 000 personnes avant d'être violemment réprimée. Cet événement est considéré par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) comme le début de la lutte contre le régime iranien. La date du 20 juin a donc une charge symbolique forte pour les militants des droits humains.
Le soutien des ONG et associations
Le collectif Voix d’Iran regroupe des associations de la diaspora iranienne ainsi que des ONG françaises et internationales, telles que l’Association des femmes iraniennes en France et le Comité de soutien aux droits humains en Iran (CSDHI). Ces organisations travaillent ensemble pour dénoncer les violations des droits humains en Iran, et estiment que les accords diplomatiques ne doivent pas occulter ces problématiques.
Une situation préoccupante en Iran
Les exécutions d'opposants politiques se multiplient en Iran, notamment depuis les manifestations de janvier, selon diverses ONG. Malgré un protocole d'accord récemment conclu entre Washington et Téhéran pour apaiser les tensions, les défenseurs des droits humains rappellent que les droits fondamentaux ne doivent pas être négligés au profit de la diplomatie.


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