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Students Anxiety portrait of a sad woman
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Publié le mercredi 01 juillet 2026 dans la rubrique Strasbourg

Parcoursup : l'angoisse des lycéennes de Strasbourg face à un algorithme opaque

À Strasbourg, des lycéennes du lycée Jean-Monnet disent leur désarroi face à Parcoursup : algorithmes opaques, refus incompris. Témoignages.

Strasbourg, Bas-Rhin. Mardi 2 juin, le verdict de Parcoursup est tombé pour les lycéens français. Au lycée Jean-Monnet, l’angoisse domine chez trois terminales dont les projets d’études se heurtent à un algorithme qu’elles ne comprennent pas.

Un verdict incompris

Alexia visait la faculté de droit de Strasbourg. Son premier vœu. Quand elle découvre sa position sur la liste d’attente, elle est loin. loin. Et rien ne bouge. « On nous a toujours dit que les facs prenaient facilement », raconte-t-elle. Sa surprise vire à l’incompréhension quand elle apprend qu’une camarade, avec une moyenne inférieure de deux points, a été acceptée directement. Le professeur principal, Éric Garel, confirme le fait. Alexia, elle, tournait autour de 14 de moyenne générale en terminale. « Je n’ai pas compris pourquoi je n’ai pas été prise », lâche-t-elle.

Un algorithme opaque

Aucune explication officielle ne lui a été donnée. L’algorithme de classement reste un mystère pour ces lycéennes et pour leurs enseignants. « Vu que c’est un ordinateur qui choisit selon des critères fournis par les facs, je ne sais pas », dit Alexia. Éric Garel partage ce constat : « Parcoursup et les facs n’expliquent pas leurs critères. Ils disent les attendus, mais pas comment ils analysent si l’élève les remplit. » Le système paraît arbitraire.

Des places en tension

Cette sélectivité accrue a des causes chiffrées. Un rapport du Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup-FSU) daté d’avril 2026 recense 677 947 places dans les formations publiques pour 682 000 bacheliers en 2025. Le décalage est net. Il s’explique par la hausse démographique des générations 2008 et 2010, et par une baisse des places offertes sur Parcoursup depuis 2024. À Strasbourg, l’université a annoncé la suppression de 207 places dans ses filières.

Le bac sous pression

Les lycéens doivent gérer l’attente de Parcoursup tout en préparant le baccalauréat, programmé du 15 au 18 juin, suivi du grand oral jusqu’au 1er juillet. Alexia décrit la difficulté : « On révise mais on a toujours envie de se connecter sur le site pour vérifier s’il y a du nouveau. » Éric Garel observe un effet démoralisant chez les élèves refusés avant même l’examen. Il cite un ancien élève : « Il a vu qu’il n’était pas pris en BTS. Il n’est jamais venu au bac. »

Parcoursup et les fragilités

Saliha souffre d’un trouble anxieux. Ses absences répétées ont marqué sa scolarité. Elle se dit « perdue » et son bac est incertain. Sur Parcoursup, elle essuie huit refus et reste sur liste d’attente pour quatre vœux. Une seule formation l’accepte : les sciences sociales à Strasbourg. Elle doit répondre avant le 19 juin, sous peine de perdre son compte. Elle accepte, sans savoir si c’est le bon choix, ni même si elle obtiendra son diplôme. « Je ne sais pas ce qui est le mieux pour moi après le bac. Parcoursup ne m’a pas aidée », confie-t-elle. Son dossier mentionne son absentéisme. Elle a consulté un psychiatre pendant les heures de cours, mais n’a obtenu aucun aménagement spécifique ni pour le bac ni pour ses vœux.

Une porte de sortie vers l’Italie

Rosalinda, elle, n’a même pas postulé sur Parcoursup. Trop d’absences. « Vu le nombre d’heures que j’avais, je n’allais pas être acceptée. Et même si je l’avais été, pourquoi faire ? » Son professeur raconte qu’elle s’ennuie en classe, mais s’épanouit ailleurs. Lors d’un voyage à Venise, elle passait son temps à discuter avec le personnel du musée et à tout expliquer au groupe. Son projet : partir en Italie, son pays d’origine, pour étudier l’histoire à Rome. « Mais pour ça il faut qu’elle ait le bac », rappelle Éric Garel. Depuis quinze jours, Rosalinda donne tout dans les épreuves.

Un système qui pousse au décrochage

Le professeur constate une montée du stress et des décrochages. « C’est quelque chose que je ne voyais pas il y a une vingtaine d’années », dit-il. Des élèves viennent lui confier des choses qu’ils n’auraient jamais osé dire à son âge. La responsabilité des enseignants s’en trouve alourdie. « Dans nos lycées, on ne peut pas faire le cours et partir. Il faut suivre les élèves jusqu’au bout. »


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