Publié le dimanche 18 octobre 2026 dans la rubrique Suisse
Philippe Lazzarini dénonce les atrocités à Gaza et appelle à l'action
Philippe Lazzarini, ancien directeur de l’UNRWA (L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine), a récemment partagé son expérience et ses réflexions sur la crise à Gaza. Son départ en mars dernier a laissé l'agence dans une situation critique, marquée par un déficit de 100 millions de dollars, des infrastructures détruites et des pertes humaines tragiques, avec 400 employés tués.
Un témoignage accablant
Dans un livre publié récemment, Lazzarini se présente comme un témoin privilégié des atrocités vécues par les habitants de Gaza. Lors d'une interview sur le plateau du 19h30 de la RTS, il a exprimé son indignation face à la gestion de cette crise par la communauté internationale. "J'ai été un témoin privilégié de la souffrance et des atrocités commises à Gaza", a-t-il déclaré, soulignant l'inefficacité des interventions internationales.
Critique de l'implication de la Suisse
Philippe Lazzarini ne cache pas sa déception envers la Suisse, qu'il qualifie de "timorée" dans son approche. Malgré son rôle en tant que gardien des Conventions de Genève, le pays a, selon lui, été peu vocal sur la situation à Gaza. Cette absence d'action représente, selon lui, une érosion du droit international, remplacé par "la loi de la force".
Pression sur l'UNRWA
Depuis le 7 octobre 2023, l’UNRWA fait face à de nouvelles accusations. Israël a mis en cause certains employés de l'agence, les accusant d'être impliqués dans les massacres du 7 octobre, des allégations que Lazzarini condamne comme une tentative de discréditer l’organisation. En outre, des lois ont été adoptées en Israël pour restreindre les activités de l'agence à Jérusalem, augmentant la pression sur ses opérations.
L'importance de l'UNRWA
Malgré ces défis, Lazzarini défend la nécessité de maintenir l'UNRWA. Actuellement, l'agence emploie environ 11 000 personnes à Gaza, et elle est responsable de 50 % des services de santé publique ainsi que de l'essentiel de l'éducation dans la région. Selon lui, se débarrasser de l'UNRWA serait une grave erreur, surtout en l'absence d'institutions palestiniennes solides.
Un avenir politique incertain
Sur le plan politique, l'ancien directeur reste pessimiste. À l'approche des élections législatives israéliennes du 27 octobre, il ne voit pas d’espoir de changement. Aucun parti israélien ne propose de véritable processus de paix ou une solution à deux États. "Aucun parti ne cherche à tendre la main aux Palestiniens", a-t-il observé, exprimant son inquiétude pour l'avenir.
Un appel à l'action
Lazzarini refuse de céder au désespoir. "On n'a pas le luxe de pouvoir abandonner", a-t-il affirmé, appelant la communauté internationale à ne pas tourner le dos aux Palestiniens. Il avertit que sans un processus politique, Gaza pourrait perdre son identité palestinienne, et les habitants risqueraient de se retrouver dans des conditions de vie inhumaines, semblables à celles des Indiens d'Amérique il y a deux siècles.
Un risque de radicalisation
Il met également en garde contre les conséquences d'un tel abandon. Ne pas agir, selon lui, ne ferait qu'alimenter le radicalisme dans la région. "On ne règle rien en faisant cela", a-t-il insisté, soulignant l'importance d'un engagement soutenu de la communauté internationale envers la question palestinienne.


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