Publié le jeudi 23 juillet 2026 dans la rubrique Suisse
Scandale de viol en Suisse : un ex-député UDC face à la justice
Dans le canton d'Argovie, en Suisse, une affaire de viols secoue la région. Un ancien député UDC, parti de la droite conservatrice, est accusé d'abus sexuels sur trois femmes. La dernière victime identifiée par la justice n'est autre que son ex-femme.
Les faits reprochés à l'ex-député
Selon l'acte d'accusation du Ministère public argovien, l'homme de 57 ans aurait administré des sédatifs à son ex-épouse à 140 reprises. Objectif : l'endormir avant de la violer. Le document, consulté par la SRF, précise : "À 87 reprises, l'accusé a pénétré par voie vaginale avec son pénis."
Les enquêteurs décrivent un mode opératoire identique pour les trois victimes. Toutes auraient été soumises au GHB, une substance surnommée "drogue du violeur". Ce produit chimique provoque une perte de conscience et une amnésie partielle, rendant la détection des abus quasi impossible pour les victimes.
Deux autres femmes avaient déjà témoigné publiquement avant la révélation de ce troisième cas. Une ancienne compagne polonaise de l'accusé, et sa propre fille, âgée de seulement 14 ans au moment des faits. La justice recense désormais trois victimes de viol, toutes soumises au même procédé.
Des témoignages glaçants
Lundi, la fille et l'ancienne compagne ont livré leur récit face caméra. La jeune femme a confié n'avoir eu aucune conscience d'être droguée à répétition. "J'apprends seulement maintenant que j'aurais pu mourir à plusieurs reprises", a-t-elle déclaré dans le Tages Anzeiger.
En septembre 2023, la mère de la jeune fille a découvert son partenaire en flagrant délit dans la chambre de leur enfant. Elle a immédiatement alerté la police. Les enquêteurs ont saisi des centaines d'heures de vidéos. Ces enregistrements montrent les agressions présumées, étalées sur une dizaine d'années.
Le GHB, arme silencieuse des violeurs
L'utilisation de cette substance dans l'affaire argovienne rappelle un autre dossier retentissant : celui de Gisèle Pélicot en France. Ce phénomène de viols par soumission chimique reste largement méconnu du grand public.
Brigitte Kämpf, codirectrice du centre zurichois d'aide aux femmes victimes de violences sexuelles, explique le problème dans le 19h30. "Il y a beaucoup de cas qui ne sont pas signalés, car pour les victimes, il est difficile de se rendre compte qu'elles ont été victimes d'abus. Elles sont sous l'effet d'une sorte d'engourdissement. On ne s'en rend pas compte", décrit-elle.
Des poursuites lourdes, un accusé qui conteste
L'homme fait face à des accusations de viols aggravés et d'actes sexuels sur mineur. Le ministère public argovien a requis la prison à vie, la peine maximale prévue par le droit suisse.
Actuellement en détention provisoire, l'ancien député conteste une grande partie des faits qui lui sont reprochés. Son procès devrait permettre de confronter les preuves vidéo, les témoignages des victimes et la parole de l'accusé.
Le traitement des victimes dans cette affaire a déjà suscité des critiques. La justice continue d'instruire ce dossier aux ramifications multiples, qui met en lumière les violences sexuelles facilitées par la soumission chimique.


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