Publié le lundi 06 juillet 2026 dans la rubrique Bordeaux
Contre la LGV, un millier de manifestants main dans la main pour défendre la vallée du Ciron
« Vallée du Ciron, climatisée depuis 40 000 ans… et jusqu’à quand ? » Ce slogan a résonné le samedi 4 juillet sur une petite route de Bernos-Beaulac, en Gironde. Plus d’un millier de manifestants ont formé une chaîne humaine pour exprimer leur opposition à la Ligne nouvelle du Sud-Ouest (LNSO), qui inclut les futures LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax.
Une mobilisation festive et déterminée
Cette manifestation s’est tenue dans une ambiance festive, mais elle a également servi de démonstration de force à quelques semaines d’une échéance cruciale : le lancement prévu à l’automne des premiers défrichements. Les collectifs LGV Non Merci et LGV Nina (ni ici ni ailleurs) se mobilisent pour protéger cette vallée qu’ils considèrent comme un refuge climatique unique, en danger face à la LGV qui pourrait déstabiliser cet écosystème fragile.
Recours juridiques et inquiétudes environnementales
Les associations présentes à la manifestation ont rappelé avoir déposé plusieurs recours contre les autorisations environnementales signées le 5 février par les préfets des départements concernés. Ces arrêtés permettent de procéder à des sondages géotechniques et à des fouilles archéologiques, ouvrant la voie à un défrichement potentiel de 1 000 hectares dès octobre. Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, n’a pas mâché ses mots : « Au 1er octobre, c’est le coup d’envoi du massacre. »
Les opposants jugent cette autorisation excessive, soulignant qu’une surface de seulement 100 hectares aurait suffi pour les études préalables, selon l’Autorité environnementale.
Le coût exorbitant du projet
Un autre point de critique a été le coût de la LGV. Les organisateurs de la mobilisation s’appuient sur un courrier du Premier ministre, adressé aux présidents des Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, pour affirmer que le budget du projet pourrait dépasser les estimations initiales. Ils avancent que le coût global pourrait frôler les 20 milliards d'euros, soit 69 millions d’euros par kilomètre.
Les manifestants s'interrogent également sur le financement, rappelant que le partage des coûts entre l’État, les collectivités locales et l’Union européenne n’est pas assuré, Bruxelles n’ayant pas confirmé sa participation dans les conditions actuelles.
Des problèmes sur le réseau ferroviaire actuel
Les récentes perturbations sur le réseau ferroviaire régional, aggravées par la canicule, ont renforcé les arguments des opposants. Andreaa, usagère de la ligne Bordeaux-Langon, a relaté les désagréments subis : « Des trains supprimés de façon intempestive, des rames bondées, des temps de trajets rallongés de moitié et des horaires plus réduits. »
Les associations estiment que ces incidents témoignent d’un manque d’investissements dans les infrastructures existantes et plaident pour une priorité à la modernisation des lignes actuelles plutôt qu’à la création d’une nouvelle LGV.
Une mobilisation large et déterminée
La mobilisation a rassemblé un large éventail d’acteurs : élus locaux, parlementaires, sylviculteurs, chasseurs, naturalistes et nombreuses organisations environnementales comme Greenpeace et Attac. Tous partagent la même volonté de poursuivre la lutte judiciaire. Plusieurs intervenants ont cependant évoqué la possibilité de nouvelles formes d’action en cas de rejet de leurs recours et de démarrage des travaux à l’automne.
« Si la justice n’applique pas le droit de l’environnement et que les travaux commencent malgré tout, un élan de désobéissance civile est à prévoir dès l’automne », ont averti les organisateurs de la manifestation.
Une bataille encore loin d’être gagnée
À quelques mois des premiers défrichements annoncés, le combat contre la LGV se poursuit. Entre procédures judiciaires, mobilisation citoyenne et tensions politiques, les opposants s’efforcent de faire de la vallée du Ciron un symbole de résistance contre ce projet controversé.


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