Publié le vendredi 03 juillet 2026 dans la rubrique Lyon
À Lyon, la Banque Alimentaire face à une pénurie historique de ses stocks
La Banque Alimentaire du Rhône, située à Lyon, fait face à une crise sans précédent de ses stocks. En cette fin de juin, l’état des entrepôts témoigne d’une situation préoccupante : les rayons dédiés aux conserves, aux céréales et aux produits de première nécessité sont presque vides.
Philippe de Mester, président de l’association, exprime son inquiétude : « À cette période de l’année, je n’ai jamais vu des entrepôts aussi vides ». Cette pénurie s’explique en grande partie par une baisse significative des dons des particuliers, rendant difficile la tâche de maintenir des niveaux de stocks adéquats. La demande, quant à elle, ne cesse d’augmenter.
Des collectes insuffisantes
Chaque matin, des camions partent à la recherche de denrées invendues dans les supermarchés, grâce à la loi Garot de 2016. Cette législation impose aux grandes surfaces de donner leurs produits encore consommables plutôt que de les jeter. Toutefois, ces collectes ne suffisent pas à couvrir tous les besoins. Philippe de Mester précise : « Cela permet de lutter contre le gaspillage alimentaire, mais ce que nous recevons ne suffit pas à assurer un équilibre alimentaire dans nos stocks ».
Depuis trois ans, la Banque Alimentaire du Rhône est contrainte d’acheter des produits alimentaires pour compenser le manque de dons, ce qui était auparavant impensable. En 2025, l’association a prévu un budget de 2 millions d’euros, dont 350 000 euros alloués à l’achat de denrées alimentaires. C’est un niveau de dépenses inédit pour elle.
Des préoccupations financières
Ce budget permet à la Banque Alimentaire de se procurer des produits essentiels pour l’équilibre alimentaire de ses bénéficiaires. L’association bénéficie également de subventions de collectivités locales, comme la Métropole et la Ville de Lyon. Cependant, certaines aides tardent à être versées suite aux élections municipales, ce qui suscite des craintes chez Philippe de Mester : « J’ai peur de devoir me séparer de l’un de mes collaborateurs, alors qu’il s’agit de personnes en réinsertion professionnelle ».
Un réseau d’entraide élargi
Actuellement, la Banque Alimentaire du Rhône collabore avec 105 associations, qui distribuent des denrées dans 145 lieux. Chaque année, près de 3 800 tonnes de nourriture sont redistribuées. Malgré cette action, la pauvreté croissante de la population rend ces efforts insuffisants. Philippe de Mester souligne l’augmentation du nombre de bénéficiaires, notamment parmi les femmes âgées, les femmes isolées et les étudiants en situation de précarité.
Des zones blanches à combler
Malgré le dispositif existant, des « zones blanches » subsistent en Auvergne-Rhône-Alpes, où l’accès à l’aide alimentaire reste limité. Pour remédier à cette situation, la Banque Alimentaire teste de nouvelles initiatives. Depuis un an et demi, un camion-épicerie parcourt ces zones blanches, comme le Beaujolais et le haut Beaujolais, offrant une distribution directe. Ces camions fonctionnent comme des magasins mobiles, proposant des denrées à 15 % de leur valeur.
Près de 50 familles bénéficient de ce dispositif. Philippe de Mester envisage même la création d’une épicerie physique à l’avenir, pour renforcer l’accès à l’aide alimentaire.
Un appel à la solidarité
Dans quelques mois, la Banque Alimentaire renouvellera sa grande collecte dans les supermarchés. Les bénévoles espèrent un nouvel élan de solidarité de la part des citoyens pour soutenir cette cause vitale. Face à une demande toujours croissante, l'association doit s'adapter et innover pour continuer à répondre aux besoins des plus démunis dans la région.


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